Ski alpin: Les coureurs grognent

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Ski alpinLes coureurs grognent

Après les violentes chutes en descente, puis l'hécatombe en slalom à Kitzbühel le week-end dernier, les organisateurs sont sous le feu des critiques.

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De notre envoyé spécial à Garmish-Partenkirchen
Jean-Philippe Pressl-Wenger
Après les éliminations de Streitberger, Reichelt et Svindal la semaine dernière sur la Streif, les coureurs comme Feuz (à g.) et Janka (à dr.) s'inquiètent pour leur sécurité.

Après les éliminations de Streitberger, Reichelt et Svindal la semaine dernière sur la Streif, les coureurs comme Feuz (à g.) et Janka (à dr.) s'inquiètent pour leur sécurité.

EPA

Cette fois, ils sont allés trop loin. Les organisateurs des courses de Kitzbühel ont toujours joué sur le côté glamour et people de leur manifestation. Mais cette année, la sécurité et la santé des coureurs ont passé au second plan. Et pour tous les acteurs de la Coupe du monde, les athlètes en tête, cela n'est simplement pas acceptable.

Carlo Janka, bon 3e sur la Streif, a notamment livré son sentiment via les réseaux sociaux. «Je suis satisfait de mes performances, mais il faudra repenser les priorités des courses du Hahnenkamm où l'aspect sportif passe largement après d'autres, a posté le Grison, sans oublier de souhaiter un prompt rétablissement aux nombreux blessés. En conséquence, les athlètes qui font la renommée de notre sport ont payé de leur santé et doivent maintenant observer une longue pause.» Autre Suisse sur le podium le week-end dernier, Beat Feuz rappelait que «la Streif est une piste qui te pousse à la limite, on le sait tous. Et il y a des chutes chaque année.» Et le Bernois de renchérir: «Par contre, je ne suis pas un fan des courses qui deviennent dangereuses.»

Ligne pas préparée

A l'endroit de la chute des Autrichiens Streitberger et Reichelt et de celle d'Aksel Lund Svindal (le Norvégien est out pour le reste de la saison), les coureurs ont deux options. La ligne plus sûre, et celle «de combat». Le problème était que seule la ligne la plus risquée était correctement préparée. «Cela ne sert à rien d'encore ajouter des obstacles sur la Streif, la piste en elle-même est déjà largement assez difficile», a pesté Hannes Reichelt en conférence de presse. Si les conditions dangereuses ont été une source de réactions négatives, la décision de la FIS d'interrompre la course après trente concurrents n'a pas été comprise non plus. «Deux favoris se font éjecter de la piste. On laisse ensuite environ dix autres coureurs descendre, a encore analysé le descendeur autrichien. Puis on décide de ne pas donner leur chance aux suivants? Je ne trouve pas ça correct.»

Les sommes engagées par les sponsors dans les épreuves de Kitzbühel, que ce soit pour l'accueil des VIP ou dans les campagnes de visibilité sont énormes. Malheureusement, les intérêts économiques ont pris le pas sur l'intégrité physique des funambules de la Streif. Il aurait par exemple été possible, au vu des conditions météo, de déplacer la descente du samedi au dimanche. Mais pour y parvenir, il aurait fallu que les enjeux sportifs conservent la priorité.

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