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FranceLe couvre-feu avancé à 18h dans plusieurs départements

Le gouvernement français a décidé, samedi, d’avancer le couvre-feu dans huit nouveaux départements. Proche de Genève, la Haute-Savoie fait figure d’exception et appliquera la mesure dès 20h.

Les élus locaux grondent contre ce tour de vis supplémentaire.

Les élus locaux grondent contre ce tour de vis supplémentaire.

Anadolu Agency via AFP

Confronté à la menace de variants plus contagieux du Covid-19, le gouvernement français a décidé d’avancer le couvre-feu dans huit nouveaux départements, mais des élus locaux grondent contre ce tour de vis supplémentaire dont ils contestent l’efficacité.

En déplacement à Tarbes, dans le sud-ouest de la France, le Premier ministre Jean Castex a annoncé l’avancement du couvre-feu à 18h à huit nouveaux départements, défendant des «mesures difficiles mais nécessaires» face à une «épidémie (qui) ne faiblit pas ou qui se renforce dans certaines zones du territoire».

Ces départements rejoignent les quinze, principalement de l’est de la France, qui sont déjà soumis à cette mesure depuis une semaine tandis que le reste du territoire connaît un couvre-feu à 20h.

Exception en Haute-Savoie

La Haute-Savoie, qui fait partie des départements pouvant être soumis à un couvre-feu à 18 heures en raison du taux d’infection, n’est pas concernée par cette nouvelle mesure. Après une concertation départementale menée vendredi avec les élus sur l’opportunité de modifier l’heure du couvre-feu au regard de l’évolution de la situation sanitaire, le préfet de la Haute-Savoie a décidé de le maintenir à 20h. Dans ce département proche de Genève, le taux d’incidence sur 7 jours pour 100 000 habitants est de 204, ce qui est supérieur à 200/100 000 habitants, un niveau pouvant conduire à de nouvelles mesures. Le préfet appelle sa population à «une vigilance soutenue dans le respect des gestes barrières et dans la limitation des interactions non nécessaires.»

A Marseille, faisant fi des clivages politiques, la mairie, à gauche, et la région, à droite, ont dénoncé d’une même voix la mesure, qui, selon eux, n’a pas prouvé son efficacité.

Même tonalité du côté du président des maires du Vaucluse (sud), Jean-François Lovisolo: «On est très réservé sur l’utilité d’une telle mesure sur le plan sanitaire dans les zones péri-urbaines et rurales du département. A 18h, la population à risque est déjà chez elle et on va mettre en difficulté les commerçants, les restaurants qui font de la vente à emporter, les stations-service, les boulangeries», a-t-il déclaré à l’AFP.

Pour le gouvernement, la mise en place d’un couvre-feu, appliqué pour la première fois fin octobre, a permis de ralentir les contaminations. Elle n’a toutefois pas empêché un deuxième confinement, soulignent ses détracteurs.

«On verra bien»

Le chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, Eric Caumes, ne cache pas son scepticisme: «Je (ne) suis pas sûr que ce soit très efficace mais on verra bien. Personnellement, je n’y crois pas mais on verra», a-t-il déclaré samedi matin.

En attendant, une opération de dépistage massif était en cours samedi à Bagneux, en banlieue parisienne, où une personne a été testée positive au variant britannique.

Pour l’instant, 19 cas de contamination par ce variant sont avérés dans toute la France (ainsi que trois autres par un variant différent initialement repéré en Afrique du Sud), selon le ministère de la Santé.

Depuis mardi, le nombre de cas positifs tourne autour de 20’000 par jour et l’agence Santé publique France a relevé une «nette augmentation du nombre de cas confirmés» durant la dernière semaine de 2020 (96’743 cas, +17%).

(AFP/Eto)

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