20.03.2020 à 17:55

SuisseLes crèches craignent une «crise de l'accueil»

La situation financière des crèches, dont la plupart sont des organisations à but non lucratif, est jugée très préoccupante.

Les crèches et structures d'accueil de jour ne peuvent être fermées que si les autorités compétentes prévoient des offres d'accueil de remplacement adéquates.

Les crèches et structures d'accueil de jour ne peuvent être fermées que si les autorités compétentes prévoient des offres d'accueil de remplacement adéquates.

Photo d'illutsration, Keystone

Les crèches de Suisse lancent un cri d'alarme. Elles craignent que la crise du coronavirus n'aboutisse à un démantèlement des structures actuelles, ce qui provoquera une «crise de l'accueil». La situation financière de ces institutions est aussi jugée très préoccupante.

Les mesures ordonnées par la Confédération ne sont pas appliquées de manière uniforme dans les cantons, a relevé vendredi Prisca Mattanza, la porte-parole de la Fédération suisse pour l'accueil de jour de l'enfant (Kibesuisse), interrogée par Keystone-ATS.

L'ordonnance du Conseil fédéral stipule que les crèches et structures d'accueil de jour ne peuvent être fermées que si les autorités compétentes prévoient des offres d'accueil de remplacement adéquates.

Dans certains cantons, il n'y a ainsi pas de restrictions. Ailleurs, il y a des appels à un renoncement «solidaire et volontaire» à placer les enfants à la crèche, où alors l'accueil est limité à une garde d'urgence, a relevé la responsable.

Plusieurs cantons et communes ont appelé les parents à s'occuper eux-mêmes des enfants, dans la mesure du possible. Et ce afin de soulager les structures d'accueil et de garantir la survie de ces dernières à moyen terme.

Kibesuisse souligne également que le fait de ne plus mettre ses enfants à la crèche ne libère en aucun cas de l'obligation de payer les frais de garde habituels. Cela vaut tant que les cantons n'auront pas trouvé une autre solution, relève Mme Mattanza.

Crise de liquidités

«La plupart des crèches, qui sont des organisations à but non lucratif, sont ébranlées» par la crise actuelle. Des solutions devront être trouvées pour garantir les liquidités des institutions, par exemple sous la forme d'un fonds d'urgence. Mme Mattanza appelle aussi à élargir les indemnisations pour le chômage partiel.

Kibesuisse n'exclut pas que des crèches devront fermer en raison d'un manque de personnel dû à la maladie.

La fédération s'inquiète aussi de voir apparaître des «structures d'accueil parallèles». Dans le domaine de la petite enfance en particulier, une prise en charge dans un cadre familier, avec toujours les mêmes personnes de référence, est très important.

Le suivi dans un environnement inhabituel, avec un personnel inexpérimenté, peut se révéler problématique, notamment du point de vue de l'hygiène, mais aussi sur le plan de la prévention de violations en matière physique, psychique ou sexuelle, met en garde Kibesuisse.

(ats)

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