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CélébrationLes derniers instants de quelques morts célèbres

D’Attila à Claude François en passant par le général de Gaulle, un dictionnaire compile les derniers instants des hommes et des femmes qui ont marqué l'histoire. Petit tour d'horizon à la veille de la fête des morts le 2 novembre.

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Attila, roi des Huns, est en quelque sorte mort au champ de bataille. Il a succombé à sa nuit de noce.

Attila, roi des Huns, est en quelque sorte mort au champ de bataille. Il a succombé à sa nuit de noce.

Carlo Brogi [Domaine public] / Wikimedia Commons
La mort des personnalités se raconte dans le dictionnaire, «La mort des grands hommes» d'Isabelle Bricard (ed. cherche midi). Voici les derniers instants de quelques morts célèbres.

La mort des personnalités se raconte dans le dictionnaire, «La mort des grands hommes» d'Isabelle Bricard (ed. cherche midi). Voici les derniers instants de quelques morts célèbres.

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C'est une indigestion de fromage qui a tué l'empereur romain Antonin le Pieux.

C'est une indigestion de fromage qui a tué l'empereur romain Antonin le Pieux.

CC-BY-SA-3 / Wikimedia Commons

Eschyle assommé par une tortue, Molière en scène jusqu'à son dernier souffle ou Machiavel victime d'une purge intempestive: la mort des personnalités historiques célèbres se raconte dans un dictionnaire.

Baptisé «La mort des grands hommes» (éd. cherche midi), cet ouvrage qui existe aussi en version numérique, est paru le 24 octobre. Il recense les morts célèbres par ordre alphabétique, de l'Antiquité à nos jours et détaille avec force d'anecdotes leurs derniers instants, ultimes paroles et volontés.

A l'image de l'homme

La mort est parfois «à l'image de l'homme ou de l’œuvre, en parfaite harmonie avec la vie qu'elle achève», a déclaré l'auteure, Isabelle Bricard, historienne, citant Molière, atteint de tuberculose et «mort en scène en masquant un jet de sang par un jeu de scène».

«Balzac appela à son chevet un médecin n'existant que dans La comédie humaine; Watteau s'offusqua de la laideur du crucifix qu'on lui tendait et Lully se blessa avec sa canne à cadencer», ajoute-t-elle.

«En lisant les biographies et les mémoires, j'ai été étonnée de découvrir que beaucoup de ces morts étaient émouvantes, amusantes et très troublantes aussi», explique Mme Bricard.

Si nombre de femmes et d'hommes célèbres sont morts de maladie comme les sœurs Brontë (tuberculose), d'autres ont péri de faim comme l'écrivain Nicolas Gogol - qui sous l'emprise d'un religieux se soumit à un jeûne mortel - ou d'indigestion au fromage (l'empereur romain Antonin Le Pieux). Quant à Machiavel, il avala, semble-t-il, trop de pilules purgatives à l'aloès.

D'amour ou par accident

La comédienne française d'Hernani, Marie Dorval (1798-1849), mourut de chagrin dans l'oubli et la misère mais Sophocle et Goya seraient morts de joie - le premier d'avoir remporté un concours de poésie, le second d'avoir revu son petit-fils - assure le dictionnaire, qui raconte aussi la mort par fou rire du peintre italien l'Arétin, tombé de sa chaise à la renverse.

C'est la honte qui tua Henri II d'Angleterre, contraint d'accepter une paix humiliante et qui découvrit que ses fils, Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre, avaient combattu contre lui.

Si certains «meurent d'amour», plus rares sont ceux qui meurent pendant l'amour: Attila pendant une nuit de noce; et le peintre Raphaël, «victime d'excès de plaisirs».

Les morts accidentelles frappent souvent: le poète grec Eschyle, assommé par une tortue, Cyrano de Bergerac, héros d'Edmond Rostand mais aussi essayiste et philosophe français, assommé par une poutre, et la danseuse américaine Isadora Duncan, étranglée par son châle à bord d'une Bugatti.

Dernières volontés

Stendhal meurt en marchant, Albert Londres en bateau, Lawrence d'Arabie à moto et Albert Camus en voiture. Fragonard rend l'âme en mangeant, Brahms en buvant, Tchekhov en sabrant le champagne; Bartok en composant, Borodine en valsant, Schubert en chantant, Proust en disant «Maman», le général de Gaulle en faisant une réussite.

«Pour la première fois j'entends venir quelqu'un», dira Charles Maurras, sourd depuis l'enfance. «Beaucoup parlent d'une présence à l'approche de la mort. Pour le couturier Paul Poiret, elle prend la forme d'une jeune fille revêtue d'une de ses robes», souligne l'auteure.

Plus violentes sont les morts des fusillés, guillotinés ou assassinés avec un cure-dents ou des gants empoisonnés (Agathocle, Jeanne d'Albret), «un bain de neige» (Titus); une épingle (Jean Ier).

Surprenantes sont les dernières volontés: être inhumé debout (Clémenceau), dans le costume du Cid (Gérard Philippe), nu (Pirandello), avec des chaînes de prisonnier (Christophe Colomb), sa pala de pelote basque (Pierre Loti), ou son ours en peluche (Joseph Kessel).

(AFP)

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