Coûts de la santé: Les dividendes des actionnaires de la pharma explosent aussi

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Coûts de la santéLes dividendes des actionnaires de la pharma explosent aussi

Alors que l’annonce des primes 2023 est imminente, «Blick» s’est penché sur les résultats financiers des entreprises pharmaceutiques. La tendance à la hausse est la même, mais le lien est ténu.

Le gros des bénéfices est toutefois réalisé à l’étranger.

Le gros des bénéfices est toutefois réalisé à l’étranger.

20min/Michael Scherrer

Le tableau global peut prêter à une forme d’irritation. En Suisse, les médicaments sont bien plus chers qu’à l’étranger. Les primes maladie augmentent année après année et vont connaître encore un bond qui sera annoncé d’ici à la fin du mois. En parallèle, la pharma se porte à merveille et peut rémunérer ses actionnaires à gros coup de dividendes. 

C’est en tout cas ce que dépeint le «SonntagsBlick» dimanche. Le journal a calculé le montant des dividendes versés par les plus grandes entreprises pharmaceutiques pour en évaluer l’évolution. En 2002, Astrazeneca, Bristol-Myers Squibb, Glaxosmithkline, Johnson & Johnson, Merck, Novartis, Pfizer et Roche ont versé un total de 17,9 milliards de dollars de dividendes. En 2021, le montant a atteint 54,4 milliards.

C’est ailleurs qu’on gagne le plus

Les géants du secteur réfutent tout raccourci: pour eux, il est impossible de dire que les payeurs de prime en Suisse financent les dividendes des actionnaires. La Suisse, pour la pharma, ne représente qu’un petit marché. «Notre chiffre d’affaires en Suisse, de 800 millions de francs, ne représente que 2% du chiffre d’affaires mondial», dit au journal dominical le porte-parole de Novartis.

Il ajoute que les bénéfices qui in fine sont versés sous forme de dividendes sont issus avant tout des activités dans le reste du monde. «L’augmentation des primes au cours des dernières années n’a rien à voir avec les dividendes», estime également le porte-parole d’Interpharma. Enfin, la porte-parole de Roche rappelle que la part des médicaments dans les coûts de la santé au total est stable depuis une dizaine d’années.

Accord tarifaire trouvé

L’organisation tarifaire pour les traitements ambulatoires peut enfin démarrer, annonce de son côté la « NZZ am Sonntag ». La nouvelle structure doit permettre de faire face à l’augmentation des coûts de la santé.  Curafutura et SantéSuisse, avec les associations d’hôpitaux et de médecins, créeront une société anonyme pour la mise en place de la structure en novembre prochain. Le comité directeur – avec deux représentants du corps médical et des hôpitaux ainsi que quatre représentants des assurances maladie et accident – nommera ensuite une direction et engagera des experts en matière de tarifs.

Les observateurs s’attendent à ce que la nouvelle structure tarifaire soit opérationnelle au plus tard au troisième trimestre 2023. Il lui incombera essentiellement de fixer combien assurés et caisses maladie paieront à l’avenir pour les prestations ambulatoires et comment le travail du personnel médical sera rémunéré. Un enjeu énorme, de 12 milliards de francs par an. Pour Urs Stoffel, membre du comité directeur de la Fédération des médecins suisses (FMH), le plus grand défi sera de réduire la fourchette au sein des tarifs comme le souhaite l’OFSP, avec toutefois la nécessité d’une certaine marge de manœuvre: « Opérer une hernie chez un jeune de 20 ans est nettement moins coûteux que chez une personne de 80 ans.»

(ywe/ewe)

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