Football - Les dix ans en rouge et blanc de Mario Gavranovic
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FootballLes dix ans en rouge et blanc de Mario Gavranovic

Le Tessinois de 31 ans n’a jamais lâché l’affaire. L’équipe de Suisse lui tient à cœur et l’histoire dure depuis plus d’une décennie maintenant.

par
Robin Carrel
(St-Gall)
Mario Gavranovic en démonstration contre l’Allemagne l’année dernière.

Mario Gavranovic en démonstration contre l’Allemagne l’année dernière.

Claudio Thoma/freshfocus

Nous sommes le 26 mars 2011. La Suisse d’Alex Frei, de Marco Streller, de Steve von Bergen et de Marco Wölfli n’arrive pas à faire la différence face à la Bulgarie coachée par un certain Lothar Matthäus au Stade Vassil Levski de Sofia. Alors à la 77e, Ottmar Hitzfeld fait rentrer un petit jeune prometteur, qui venait d’enchaîner quelques entrées en jeu à Schalke 04: Mario Gavranovic.

Le Tessinois n’avait que 21 ans et a donc fêté vendredi dernier ses dix bougies avec l’équipe de Suisse. Depuis, il a pas mal bourlingué, de Gelsenkirchen à Mayence, puis Zurich, Rijeka et le Dinamo Zagreb, mais est toujours resté fidèle à la Nati.

Ce bon soldat n’a jamais su se rendre indispensable sur le pré, mais a toujours dû se rendre utile. Ses 26 sélections seulement, mais 10 buts tout de même, ne rendent pas hommage à son dévouement pour son maillot.

Il a aujourd’hui dépassé la trentaine, mais continue à faire trembler les filets sur une base régulière. Il a déjà marqué 14 fois en Championnat de Croatie (un but toutes les 98 minutes) et a vécu un grand moment tout récemment avec le Dinamo Zagreb, quand son équipe a sorti le Tottenham de José Mourinho de l’Europa League, au bout des prolongations (3-0 ap; aller 0-2).

Mercredi, contre la Finlande, il peut rêver à une rare titularisation sur le front de l’attaque de l’équipe de Suisse. L’ancien joueur d’Yverdon n’a débuté une rencontre internationale qu’à treize reprises et ne s’offusquera surtout pas de débuter une partie «pour beurre».

Plus de matches amicaux

«Je pense que le passé récent a montré qu’à ce niveau-là, il n’y avait plus de matches amicaux, a-t-il dit mardi au Kybunpark. de St-Gall. Chaque partie amène aussi des points pour le coefficient FIFA. C’est pour ça qu’on voudra montrer notre meilleur visage contre la Finlande et gagner.»

Le petit buteur aux origines croates de Bosnie devrait déjà avoir assuré sa place pour l’Euro. S’il joue mercredi, ce sera plus pour confirmer qu’il est bien un chasseur de buts et essayer de grimper dans la hiérarchie de Petkovic.

«Et puis la pression, dans le football, tu l’as tous les jours, a-t-il souri. Chaque jour est un nouveau départ, une autre chance de se faire valoir. Je suis très positif, parce que je m’améliore tous les jours et que je travaille pour ça, histoire d’être prêt quand on me donnera ma chance et montrer que je la mérite.»

Il y a dix ans, avant d’être appelé chez les grands «Gavra» avait été de l’aventure des M21 au Danemark aux côtés de Sommer, Shaqiri, Xhaka et Mehmedi, terminée par une défaite en finale (0-2) contre l’Espagne de De Gea, Mata, Thiago Alcantara et compagnie.

«Dix ans en équipe de Suisse, c’est quand même quelque chose!»

Mario Gavranovic

«Je suis fier de ça et de ce que j’ai réalisé ensuite. Dix ans en équipe de Suisse, c’est quand même quelque chose!, a-t-il apprécié. Je m’étais blessé lors de la Coupe du monde au Brésil (ndlr: rupture d’un ligament croisé) et j’avais dû beaucoup bosser pour revenir…»

Mario Gavranovic avait alors patienté pendant plus de trois ans pour enfiler à nouveau le maillot à croix blanche. De quoi aisément comprendre que cette tunique puisse lui tenir à cœur et que même un match amical un mercredi soir à St-Gall contre la Finlande, il ne le prendra jamais par-dessus la jambe.

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