01.01.2020 à 14:32

Football«Les 18 derniers mois ont été une torture mentale pour moi»

Contraint de prendre sa retraite en août 2018, l'ex-arbitre de Premier League Bobby Madley lève le voile sur sa fin de carrière prématurée.

von
Sport-Center
Bobby Madley a dû poser ses cartons à la suite d'une blague de mauvais goût qui a mal tourné sur Snapchat.

Bobby Madley a dû poser ses cartons à la suite d'une blague de mauvais goût qui a mal tourné sur Snapchat.

AFP

Un «changement de situation personnelle». Voilà comment l'organisme responsable des officiels de match du football anglais, le PGMOL, avait annoncé la mise à l'écart d'un de ses arbitres, Bobby Madley, en août 2018. Une décision pour le moins surprenante, l'homme n'étant âgé que de 32 ans. Qui plus est, avant cet épisode, un Community Shield entre Arsenal et Chelsea lui avait été confié, ainsi, notamment, qu'une finale des play-off de Championship opposant Sheffield Wednesday à Hull City.

Au moment de passer le cap de la nouvelle année, Bobby Madley a souhaité laisser ses vieux démons dans la décennie qui vient de s'écouler. Dans une lettre de quelque 14'000 caractères postée sur internet le 31 décembre, il explique la malheureuse situation qui la poussé vers la sortie et forcé à mettre seize ans d'arbitrage derrière lui. Le nœud de problème? Une blague qui a mal tourné.

Alors qu'il accompagnait sa fille à une journée sportive, lors de laquelle une course entre parents était organisée, Bobby Madley n'avait pas résisté à la tentation de faire une vidéo d'une personne en fauteuil roulant. Vidéo qu'il a ensuite postée sur Snapchat accompagnée de la phrase: «F**k me I have a chance of winning the parents race this year» (cette année, j'ai une chance de gagner la course), ironisant sur les attaques dont il avait été victime dans la presse anglaise concernant son embonpoint.

«Plus de 95% des gens ont déjà fait ça»

«Les arbitres ne sont pas autorisés à posséder des comptes sur les réseaux sociaux. Mais pour Snapchat, c'est différent, explique-t-il. Je suis uniquement en contact avec mes proches, ma famille. Je peux tout contrôler, rien n'est rendu public.» Sauf qu'à la suite d'une dispute familiale, la vidéo s'est retrouvée sur le bureau de son employeur, qui l'a licencié sur le champ pour faute grave et discrimination.

Si Bobby Madley, lui même fils d'un père (décédé) en situation de handicap, dit regretter amèrement son geste, il assure ne toujours pas comprendre la décision du PGMOL. «Posez-vous la question: «Est-ce que j'ai déjà fait ça?» Je suis certain que plus de 95% d'entre vous répondra oui, dans un groupe Whatsapp ou dans une discussion avec des amis de confiance. Je combats le racisme, je m'engage pour la communauté LGBT sur et en-dehors du terrain. Je suis loin d'être quelqu'un qui discrimine les gens, mais c'est ainsi que je suis désormais labellisé quand on tape mon nom sur google. Et ça fait mal. Ces dix-huit derniers mois ont été une torture mentale pour moi.»

Votre opinion

Trouvé des erreurs?Dites-nous où!