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Etats-UnisLes djihadistes comptent sur l'élection de Trump

Un des principaux chefs de l'EI en Afghanistan estime que Donald Trump est un «maniaque complet» et qu'il va faciliter la tâche de son groupement.

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Un mur anti-immigrés devrait être érigé à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, comme l'a affirmé Donald Trump durant sa campagne électorale. C'est le Congrès américain qui avancera l'argent. (Vendredi 6 janvier 2017)

Un mur anti-immigrés devrait être érigé à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, comme l'a affirmé Donald Trump durant sa campagne électorale. C'est le Congrès américain qui avancera l'argent. (Vendredi 6 janvier 2017)

AFP
Le milliardaire Wang Jianlin, l'un des hommes les plus riches de Chine, a averti Donald Trump que 20'000 emplois étaient menacés aux Etats-Unis, notamment à Hollywood, si le futur président américain devait bloquer ses investissements dans le pays. (Mardi 13 décembre 2016)

Le milliardaire Wang Jianlin, l'un des hommes les plus riches de Chine, a averti Donald Trump que 20'000 emplois étaient menacés aux Etats-Unis, notamment à Hollywood, si le futur président américain devait bloquer ses investissements dans le pays. (Mardi 13 décembre 2016)

Keystone
Moscou nie avoir cherché à faire élire Trump contrairement aux informations parues dans le Washington Post. (Lundi 12 décembre 2016)

Moscou nie avoir cherché à faire élire Trump contrairement aux informations parues dans le Washington Post. (Lundi 12 décembre 2016)

AFP

De l'Afghanistan au Maghreb en passant par l'ensemble du Proche-Orient, l'élection de Donald Trump à la présidence américaine est devenue un outil de propagande pour les groupes djihadistes. Grâce à ses propos, ils espèrent attirer de nouveaux combattants sur les champs de bataille.

Des chefs des talibans aux partisans de l'Etat islamique (EI), tous les extrémistes estiment que la rhétorique antimusulmane adoptée par le président élu américain pendant la campagne va servir leurs efforts de recrutement, notamment chez les jeunes en mal d'identité vivant en Occident.

«Ce gars est un maniaque complet. Sa haine viscérale contre les musulmans va nous faciliter la tâche, car on va pouvoir recruter par milliers», affirme Abou Omar Korasani, un des principaux chefs de l'EI en Afghanistan.

Donald Trump a promis de vaincre «le terrorisme islamiste radical comme nous avons gagné la guerre froide». Il a un temps parlé d'interdire l'entrée sur le territoire américain à tous les musulmans, avant de modérer ses propos pour ne plus proposer aujourd'hui qu'une suspension temporaire de l'immigration en provenance des pays qui ont «un historique d'exportation du terrorisme».

L'extrémisme génère l'extrémisme

Il n'a en revanche fourni que très peu de détails sur la façon dont il entend combattre des groupes islamistes comme les talibans, l'EI ou Al-Qaïda.

«Il ne fait aucune différence entre les mouvances islamistes radicales et modérées et, dans le même temps, il occulte le fait que son extrémisme va générer en retour davantage d'extrémisme», a mis en garde l'influent dirigeant chiite irakien Moqtada al-Sadr dans un communiqué.

Les Etats-Unis ont récemment été frappés par des attaques inspirées par l'EI, comme à San Bernardino, en Californie, et Orlando, en Floride.

Les services de sécurité américains craignaient, déjà avant l'élection de Donald Trump, une intensification de ces attaques, les aspirants djihadistes ayant plus de mal à rejoindre les théâtres de guerre proche-orientaux. En recul en Irak, en Syrie ou en Libye, les groupes radicaux espèrent donc trouver un nouveau souffle.

Ils «creusent leur propre tombe»

«Nos chefs suivaient de près l'élection américaine, mais personne n'attendait que les Américains creusent leur propre tombe comme ils l'ont fait», a dit à Reuters Abou Omar Korasani, le dirigeant afghan de l'EI.

L'autre grande mouvance djihadiste, Al-Qaïda, qui est affaiblie mais toujours pas vaincue plus de 15 ans après les attentats du 11 septembre 2001, n'a pour le moment pas commenté la victoire de Donald Trump, mais les experts prévoient qu'elle l'exploite au mieux.

Le groupe «Al-Qaïda est connu pour avoir une stratégie de recrutement qui cite abondamment la Maison-Blanche et les autres dirigeants occidentaux», souligne Hicham al Hachemi, qui conseille le gouvernement irakien dans sa lutte contre les groupes extrémistes sunnites.

Le mal est fait

L'entourage de Donald Trump n'a pas souhaité commenter les déclarations des groupes djihadistes. Si le président élu a adopté en fin de campagne une rhétorique moins belliqueuse à l'égard des musulmans, les experts pensent que le mal est fait.

«Les djihadistes utiliseront toujours ses anciens propos», estime Matthew Henman, directeur du centre d'études IHS Jane sur le terrorisme et les insurrections.

«L'élément-clé, dont ces groupes ont besoin pour recruter, en particulier l'Etat islamique et Al-Qaïda, c'est de parvenir à convaincre les musulmans qui vivent en Occident que les pays occidentaux les haïssent et n'accepteront jamais qu'ils fassent partie de leur société», souligne-t-il.

La politique qu'adoptera finalement Donald Trump une fois qu'il sera à la Maison-Blanche aura bien sûr son importance, mais s'il fait tout ce qu'il a dit pendant la campagne, dit un haut responsable des talibans afghans, «cela sera vécu comme une provocation par l'ensemble de l'oumma (la communauté musulmane) et les groupes djihadistes pourront le mettre à profit».

(ats)

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