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Religion«Les eaux de Lourdes m'ont guérie»

Danila Castelli vient de devenir la 69e miraculée de Lourdes. Mais sa guérison avérée et inexpliquée ne suffit pas pour parler de miracle. Explications.

par
Sébastien Jost
Femme de médecin, Danila Castelli a vécu un calvaire pendant des années avant de plonger dans une des baignoires de Lourdes.

Femme de médecin, Danila Castelli a vécu un calvaire pendant des années avant de plonger dans une des baignoires de Lourdes.

Hires Chip/Gamma/Getty Image

Elle est la 69e miraculée de Lourdes! En 1980, Danila Castelli est âgée de 34 ans et a commencé à souffrir de terribles crises d’hypertension. Cela à cause de microtumeurs dans la région de l’appareil urogénital produisant de la dopamine et de l’adrénaline. La mère de famille va subir de lourds et pénibles traitements dont des ablations partielles du pancréas, du vagin et de la vessie, ceci dans l’espoir d’éliminer les points provoquant les crises de tension artérielle. Mais rien n’y fait. Jusqu’à ce jour de 1989 où après s’être baignée dans une piscine alimentée par les eaux de la source de Lourdes, Danila Castelli ressent un grand bien-être. Le mal s’est évaporé.

Le miracle ne tombe pas du ciel

«Quelle joie pour mes filles! Elles avaient enfin une maman qui pouvait les accompagner à l’école, à la danse, aller rencontrer leurs professeurs», a déclaré la femme âgée de 67 ans aujourd’hui. Cette épouse de médecin insiste pour dire qu’elle est «une femme normale avec ses faiblesses et ses péchés.» Pour elle, cette guérison n’est pas une fin en soi mais un message de Dieu. «Il me dit: maintenant que tu vas bien, essaie de me suivre un peu mieux.» Bien que Danila Castelli ait annoncé sa guérison rapidement après les faits au Bureau des constatations médicales (BCM), il aura fallu attendre le week-end dernier pour que son cas soit annoncé comme une guérison miraculeuse. Car un miracle, cela ne tombe pas du ciel. «Le dossier de Mme Castelli a été étudié par des dizaines de médecins», explique le docteur Alessandro de Franciscis, médecin permanent et président du BCM. C’est après cinq réunions entre 1989 et 2010 que le Bureau a conclu que Danila Castelli était guérie, de manière complète et durable sans relations aux interventions et aux traitements. «Le BCM ne s’occupe que du côté médical, il ne parle pas de miracle, relève Alessandro de Franciscis. Pour nous, il s’agit d’une rémission spontanée.» C’est ensuite l’évêque de Pavie qui a déclaré le caractère prodigieux miraculeux et la valeur de signe de cette guérison.

Panteleimon Giannakopoulos, chef du Département de santé mentale et de psychiatrie des HUG, souligne que les cas de rémissions spontanées sont rares mais qu’ils existent. «Certaines personnes arrivent à mobiliser des ressources psychologiques pouvant conduire à des réactions étonnantes de leur organisme, en particulier du système immunitaire. Savoir s’il s’agit d’un miracle ou non dépend de la spiritualité de chacun.» Pour l’abbé Nicolas Betticher, chargé d’information de la Conférence des évêques suisses, il faut voir dans le cas de Danila Castelli une piqûre de rappel envoyée par le Très-Haut. «Dieu s’est toujours beaucoup caché. Il n’intervient pas spontanément dans l’histoire et les lois de la nature. Il laisse l’homme libre de le chercher et de le trouver. Mais parfois, il intervient de manière plus ostentatoire comme avec ce 69e miracle. C’est un signe vivifiant qui nous invite à découvrir Dieu.» Pour Danila Castelli, c’est assurément déjà le cas.

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