Santé – Les effets du Covid sur le cerveau se confirment

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SantéLes effets du Covid sur le cerveau se confirment

Soupçonnés depuis le début de la pandémie, les effets neurologiques de la maladie semblent désormais avérés par des travaux récents, y compris en cas de formes légères.

Les zones du cerveau les plus frappées sont celles liées à la perception des odeurs.

Les zones du cerveau les plus frappées sont celles liées à la perception des odeurs.

Getty Images via AFP

On observe «un impact délétère lié au SARS-Cov-2» dans les cerveaux de personnes infectées des mois plus tôt, selon une étude publiée lundi dans la revue «Nature». Ce travail est important car il apporte les preuves les plus solides en date que le Covid peut avoir des conséquences à long terme sur le cerveau, en particulier la «substance grise» qui comprend les neurones.

L’étude publiée lundi est bien plus concluante que les précédentes s’étant déjà penchées sur le sujet. Elle porte sur un nombre relativement important de personnes – plusieurs centaines – et s’intéresse à l’état de leur cerveau, selon qu’elles aient été atteintes ou non par le Covid. Quand elles ont attrapé la maladie, la plupart de ces personnes n’ont pas été hospitalisées. Ce travail donne donc une idée des effets neurologiques d’un Covid sans gravité, comme en ont subi la grande majorité des gens.

Enfin, pour chaque cas étudié, l’étude dispose d’un point de repère qui remonte avant l’apparition du Covid. En effet, les patients avaient tous réalisé une imagerie cérébrale plusieurs années auparavant, dans le cadre d’une opération réalisée par Biobank, une organisation qui compile depuis des années des données sanitaires au Royaume-Uni.

Tissus cérébraux détruits ou endommagés

Quels sont les résultats? Les anciens malades du Covid ont globalement vu leur cerveau se réduire. En moyenne, une infection au virus se solde, plusieurs mois après, par une perte ou la lésion de 0,2% à 2% des tissus cérébraux en plus de ce qui est observé chez les non-malades.

«Pour se faire une idée de l’ampleur de ces effets, on peut les comparer à ce qui se passe lors d’un vieillissement normal: on sait que les gens perdent chaque année entre 0,2% et 0,3% de substance grise dans les régions liées à la mémoire», explique Gwenaëlle Douaud, principale chercheuse à avoir contribué à cette étude.

Faut-il pour autant s’affoler et imaginer un virus qui remonte systématiquement au sein du cerveau? Loin de là, et l’étude ne permet de conclure ni sur les mécanismes de ces atteintes cérébrales ni sur leur irréversibilité. Les chercheurs font une observation cruciale, mais qui peut être interprétée de plusieurs façons: après une infection au Covid, les zones du cerveau les plus frappées sont celles liées à la perception des odeurs.

L’odorat, un rôle central

Or, la perte de l’odorat est l’un des symptômes les plus courants du Covid. C’est probablement car le nerf olfactif est attaqué par le virus ou, comme le suggère une récente étude, par la réponse immunitaire à l’infection. Gwenaëlle Douaud formule donc plusieurs hypothèses: le cerveau pourrait être frappé par une inflammation, par exemple transmise par le canal olfactif, provoquée par le virus lui-même ou par la réaction de l’organisme à celui-ci.

Mais il est aussi possible de prendre les choses dans l’autre sens. Et si c’était la perte de l’odorat elle-même qui affectait le cerveau? «On sait en effet qu’une perte durable d’odorat (…) provoque une diminution de la substance grise dans les régions du cerveau liées à l’olfaction», remarque la chercheuse. Or, cet effet est réversible: «On peut penser qu’avec le retour de l’odorat, ces anomalies cérébrales deviendront moins marquées au fil du temps», conclut la chercheuse.

(AFP)

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