Coronavirus - Les effets secondaires du vaccin touchent surtout les femmes
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CoronavirusLes effets secondaires du vaccin touchent surtout les femmes

Seulement 28,7% des déclarations enregistrées en Suisse concernent des hommes. Et le vaccin Moderna cause plus souvent des réactions locales au point d’injection que le Pfizer.

63,8% des déclarations concernent des effets indésirables non graves.

63,8% des déclarations concernent des effets indésirables non graves.

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Au 20 avril Swissmedic a évalué 1485 déclarations d’effets indésirables présumés de vaccins contre le coronavirus. 67,9% concernaient des femmes, 28,7% des hommes et, pour les 3,4% restants, le sexe n’était pas précisé. Les personnes concernées étaient âgées en moyenne de 64,8 ans (au sein d’une fourchette allant de 16 à 101 ans), et parmi elles, 41,6% avaient 75 ans ou plus.

Au total, 706 déclarations concernaient le vaccin de Pfizer/BioNTech et 761 le vaccin de Moderna. Dans 18 déclarations, le vaccin n’était pas précisé. Swissmedic estime qu’on compte environ une déclaration d’effets indésirables pour mille doses de vaccin administrées.

Deux tiers d’effets non graves

948 déclarations (63,8%) rapportaient des effets indésirables non graves, tandis que 537 déclarations (36,2%) évoquaient des effets graves. Il s’agit de personnes qui ont dû être hospitalisées ou de réactions qui ont été considérées comme médicalement importantes pour d’autres raisons. Dans la plupart des cas, les réactions en question n’ont pas mis en danger la santé des personnes concernées. L’âge moyen de ces cas graves était de 68,5 ans.

La plupart des déclarations mentionnent plus d’une réaction (3851 réactions au total pour 1485 déclarations, soit 2,6 réactions par déclaration en moyenne). Les réactions les plus fréquentes sont: fièvre (80), détresse respiratoire (39), maux de tête/migraines (37), réactivation de zonas (34), frissons (28), hypersensibilité (27)/réactions anaphylactiques (13), nausées (28), courbatures (27), malaise général (25) et hypertension (25).

Femmes sujettes au zona

Au total, 61 cas de zonas ont été déclarés. Le zona est une maladie due à la réactivation du virus varicelle-zona. Les facteurs de risque du zona sont notamment les traitements immunosuppresseurs, le diabète, un stress psychologique et/ou des traumatismes physiques. Les femmes y sont également plus sujettes. La prévalence du zona augmente avec l’âge, passant de 3 pour 1000 entre 40 et 50 ans à 10 pour 1000 chez les plus de 80 ans. Les cas déclarés concernaient des personnes âgées de 72 ans en moyenne. Compte tenu de la fréquence des zonas au sein des tranches d’âge auxquelles appartiennent la majorité des personnes vaccinées, il faut s’attendre, ne fût-ce que d’un point de vue purement statistique, à un certain nombre de cas de zonas peu de temps après l’administration d’un vaccin. Des analyses sont en cours afin de déterminer si les déclarations indiquent l’existence d’un lien de causalité entre la vaccination et l’apparition des zonas.

La proportion de déclarations de réactions locales au point d’injection, y compris retardées, est nettement plus élevée pour le vaccin de Moderna que pour celui de Pfizer/BioNTech, à propos duquel les réactions rapportées sont plutôt d’ordre général.

64 morts sans lien apparent

Dans 64 cas graves, on a dû déplorer le décès de la personne vaccinée après un laps de temps plus ou moins long. Leur âge moyen était de 82 ans et toutes ces personnes souffraient pour la plupart d’affections préexistantes graves. Selon les dernières conclusions, ces décès étaient dus à ces maladies dont l’apparition n’a rien à voir avec la vaccination (infections, événements cardiovasculaires ou maladies des poumons et des voies respiratoires etc.), et malgré la concordance temporelle, rien n’indique concrètement que le vaccin est à l’origine du décès. Les conclusions qu’ont tirées l’OMS et les autorités de contrôle des médicaments d’autres pays suite à leur évaluation des décès qui sont survenus peu de temps après l’administration des vaccins autorisés en Suisse vont dans le même sens.

Toutes ces déclarations d’effets indésirables que l’institut a reçues et analysées jusqu’à présent ne modifient pas le profil bénéfice-risque positif des vaccins contre le Covid-19 utilisés en Suisse, indique Swissmedic. Les effets indésirables connus de ces vaccins sont mentionnés dans les textes de l’information concernant le médicament, qui sont publiés sur le site de Swissmedic et mis à jour en permanence.

(M.P./comm)

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