23.07.2020 à 23:42

CoronavirusLes élections générales repoussées d’un mois en Bolivie

Prévues le 6 septembre, les élections, qui visent notamment à élire le chef de l’État, sont décalées à cause de l’épidémie liée au coronavirus.

La Bolivie a enregistré jusqu’ici plus de 64’000 cas de Covid-19, dont 2328 décès.

La Bolivie a enregistré jusqu’ici plus de 64’000 cas de Covid-19, dont 2328 décès.

AFP

Le tribunal suprême électoral (TSE) bolivien a annoncé jeudi le report au 18 octobre des élections générales prévues le 6 septembre en raison de la hausse du nombre de cas de coronavirus dans ce pays andin. Le TSE «décide de fixer les élections générales 2020 au dimanche 18 octobre», a annoncé son président, Salvador Romero.

«La date définitive des élections réunit de meilleures conditions pour protéger la santé, faciliter le vote à l’étranger et l’arrivée de missions d’observation internationales», a ajouté le président du TSE, qui a aussi mis en avant des rapports médicaux selon lesquels le pic de la pandémie est attendu entre fin août et début septembre en Bolivie. Selon lui, un éventuel second tour aurait lieu le 29 novembre et la prise de fonction des nouvelles autorités en décembre.

Cette décision est le «fruit de considérations d’ordre légal, scientifique et politique», a ajouté le président du TSE, au moment où la Bolivie enregistre plus de 64’000 cas de Covid-19, dont 2328 décès. À la différence des fois précédentes, ni les partis, ni le Parlement n’ont été consultés par les autorités électorales pour fixer la nouvelle date du vote.

Ces élections générales, auxquelles l’ex-président Evo Morales ne peut pas se représenter, visent à élire le chef de l’État, le vice-président ainsi que 36 sénateurs et 120 députés. Initialement prévues le 3 mai, elles ont été reportées en raison de la pandémie de Covid-19.

«Gagner du temps»

Depuis son exil de Buenos Aires, Evo Morales, qui reste le leader du Mouvement vers le socialisme (MAS), a dénoncé jeudi sur Twitter «le gouvernement de facto qui veut gagner du temps pour poursuivre la persécution des dirigeants de mouvements sociaux et des candidats du MAS».

De son côté, l’ancien président Carlos Mesa, candidat centriste à la présidentielle, a fait part de «son soutien entier à cette nouvelle date», estimant que la sécurité sanitaire devait être la priorité. La présidente par intérim Jeanine Añez s’était déjà prononcée en faveur du report mercredi, ainsi que l’église catholique jeudi. Les Boliviens seront donc appelés à retourner aux urnes un an après les dernières élections d’octobre 2019.

Au pouvoir depuis 2006, l’ancien président socialiste Evo Morales s’était alors proclamé vainqueur de ce scrutin pour un quatrième mandat, mais l’opposition avait crié à la fraude. Après des semaines de manifestations, lâché par la police et l’armée, Evo Morales avait démissionné le 10 novembre et quitté la Bolivie. Exilé depuis en Argentine, il est sous le coup d’un mandat d’arrêt émis par le parquet bolivien. Les autorités ont averti qu’il serait immédiatement arrêté s'il revenait dans le pays.

(AFP/NXP)

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