Parlement: Les élus iront au chômage
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ParlementLes élus iront au chômage

Après leur mandat, les politiciens en difficulté financière ne devraient plus pouvoir bénéficier d’une aide transitoire. Le National est appelé à supprimer cette solidarité.

par
Eric Felley
820 000 francs, la somme totale payée en douze ans pour les parlementaires en difficulté.

820 000 francs, la somme totale payée en douze ans pour les parlementaires en difficulté.

PETER SCHNEIDER/Keystone

Finie la solidarité parlementaire pour les élus les moins bien lotis. Les parlementaires qui terminent leur mandat ne devraient plus avoir accès à l’aide transitoire. Cette possibilité avait été introduite en 2003 pour servir d’assistance à ceux qui se trouvaient soudain démunis en fin de mandat, volontaire ou non. Depuis, vingt-deux parlementaires y ont recouru pour une somme totale de 820 000 francs. En 2016, 170 000 francs étaient encore inscrits à ce titre au budget du Parlement.

Par 17 voix contre 7, une nette majorité de droite de la Commission des institutions politiques a suivi la proposition de Natalie Rickli (UDC/ZH) et propose au plénum de confirmer cette décision. Selon cette majorité, cette aide est perçue aujourd’hui comme relevant d’un «statut privilégié». Autrement dit, les anciens députés qui n’ont plus de travail n’ont qu’à s’inscrire au chômage «comme tout travailleur», déclare la Zurichoise. Autre argument, cette aide transitoire favoriserait une tendance à la professionnalisation du Parlement. C’est là un des leitmotivs de l’UDC, qui veut également faire baisser les indemnités des députés, qui s’élèvent actuellement à 440 francs par jour. Pour l’instant sans succès.

Le cas Ueli Leuenberger

L’ancien conseiller national Ueli Leuenberger (Les Verts/GE), qui a arrêté à fin 2015, avait attiré l’attention des médias sur sa situation d’élu qui se retrouve sans travail après avoir siégé douze ans à Berne. Finalement, il n’avait pas demandé l’aide transitoire pour ne pas prêter le flanc à la critique. Mais, pour lui, la situation actuelle des parlementaires est insatisfaisante: «En particulier pour le deuxième pilier. Il n’y a pas de caisse de retraite digne de ce nom pour les parlementaires, qui sont aujourd’hui presque tous professionnels. Si on compare les conditions offertes par un exécutif ou un Parlement, la différence est énorme. Finalement, seuls les députés qui font du lobbyisme ou qui ont de la fortune personnelle s’en sortiront.»

Pour Jean Christophe Schwaab (PS/VD), l’aide transitoire n’a pas été utilisée abusivement et a montré son utilité: «La supprimer, c’est pousser les gens dans les conseils d’administration ou à faire du lobbyisme pour les télévisions privées, comme Natalie Rickli. Selon un adage connu: si vous voulez des députés corrompus, payez-les mal…»

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