04.03.2014 à 18:43

Libre circulationLes élus vaudois veulent sauver Erasmus

Après la suspension d'Erasmus plus et d'Horizon 2020 par Bruxelles, les députés vaudois veulent des solutions alternatives.

AFP

Les élus vaudois tiennent à sauver Erasmus et Horizon 2020.

Ils ont très largement soutenu mardi une détermination appuyant les efforts du Conseil d'Etat en vue de telles démarches, notamment auprès de Berne.

«C'est en premier lieu la jeunesse qui est punie et la recherche qui est frappée» par les décisions de la Commission européenne après le «oui» à l'initiative de l'UDC contre l'immigration massive, a déclaré le socialiste Nicolas Rochat Fernandez, auteur d'une interpellation sur les conséquences du vote du 9 février.

Limiter les dégâts

Sans verser dans «le catastrophisme», l'élu a appelé à prendre ses responsabilités et, de manière pragmatique, à essayer de trouver des solutions pour limiter les dégâts. Il a souligné que l'impact ne se manifesterait pas que sur la formation, mais déboucherait aussi sur des emplois et l'économie du canton comme de la Suisse.

Au vote, la détermination a obtenu 102 voix contre une et 22 abstentions. Elle appelle à soutenir le Conseil d'Etat dans sa recherche de solutions alternatives afin de préserver ces programmes. Malgré son contenu peu vindicatif, elle a donné lieu à un long débat, parsemé de règlements de comptes en particulier vis-à-vis de l'UDC.

Des inepties qui font mal

«L'UDC s'en lave les mains, on ne peut pas compter sur eux pour trouver une solution», a déploré le socialiste Jean Tschopp, en référence à la décision de ce parti de ne pas soutenir le texte. «On dirait un conjoint aigri dans un divorce qui tourne mal», a critiqué le Vert Raphaël Mahaim, en affirmant que l'UDC avait «instrumentalisé les inquiétudes des gens de la pire des manières».

«L'UDC n'assume rien» et ne propose rien après le 9 février, a renchéri le socialiste Stéphane Montangero qui en avait «mal à la tête des inepties» de la présidente de l'UDC Fabienne Despot. Pour elle, l'interpellation comme la réponse immédiate du Conseil d'Etat ne sont qu'«un pur produit de politique politicienne». Les perdants du 9 février «ont une moue grincheuse» alors que la situation née de la votation «n'est en aucun cas dramatique».

Bisbilles déplacées

Pour le président du groupe UDC au Grand Conseil, Michaël Buffat, l'interpellation ne relevait que du coup médiatique pour se faire valoir. A ses yeux, le canton ne répond d'ailleurs pas aux questions d'un texte «décevant».

«C'est dommage» qu'un sujet de cette importance donne lieu à «des bisbilles politiques», a regretté le PLR Christian Kunze. Le peuple a voté et il faut faire avec, mais «on revient 10 ans en arrière» à cause de ce choix.

Partenariats industriels

Le député a souligné les difficultés qui attendent les étudiants et la recherche, ce qui met sur la sellette aussi des partenaires industriels. Les financements de projets vont devenir «très compliqués», sans parler de statuts hiérarchiques perdus, selon Christian Kunze.

Autre ingénieur, Michele Mossi (Alliance du Centre) a sobrement raconté son expérience, en guise «d'humble témoignage». De ses études, de la possibilité de voyager et de se former jusqu'à la création de sa start-up, il a acquis la conviction que la participation européenne était «fondamentale» pour la réussite d'une telle trajectoire.

(ats)

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