07.06.2018 à 16:48

MédiasLes employés du «Matin» sont sous le choc

Après l'annonce de la fin de la version papier du «Matin», intervenue jeudi, la fronde s'organise.

Les employés du «Matin» sont sous le choc après l'annonce de la fin de l'édition papier de leur quotidien. Ils vont contester l'ampleur des licenciements et lutter pour obtenir les meilleures conditions possibles pour les personnes qui seront finalement touchées.

Pour la rédaction, c'est «l'incompréhension» de voir Tamedia, qui obtient de bons résultats financiers, «licencier autant de monde que ça», a expliqué jeudi à l'ats Eric Felley, co-président de la société des rédacteurs du Matin. Il y avait «pas mal d'émotion» jeudi matin lors de l'annonce de ces mesures au personnel.

Quarante-et-un licenciements

Au total, 41 personnes seront licenciées, a-t-il ajouté. Les employés vont contester la manière abrupte dont ces licenciements sont effectués. «Normalement, il y aurait dû y avoir une procédure de consultation», a ajouté Eric Felley.

Hasard du calendrier, une réunion est prévue vendredi devant l'Office de conciliation vaudois. Les rédactions romandes de Tamedia et les syndicats Impressum et syndicom avaient saisi cet organe en mars déjà pour dénoncer l'absence de dialogue social et demander le gel des licenciements durant deux ans.

Réaction de Leuthard

Même si la version papier du Matin disparaît, il y a une solution avec la version numérique, relève la conseillère fédérale Doris Leuthard. Elle voit dans la décision de Tamedia une possible réponse aux changements des habitudes des clients.

«Ce sera intéressant pour nous de regarder si ce changement offre une solution à la longue», précise jeudi la ministre en charge du Département de la communication sur les ondes de la RTS lors de l'émission Forum. Et Mme Leuthard d'ajouter que d'autres journaux pourraient peut-être profiter de cette expérience.

«La presse romande n'est pas en danger, mais la richesse se réduit», constate l'Argovienne. «Je ne peux forcer personne à s'abonner à un journal», poursuit la conseillère fédérale, qui fait également part de la préoccupation du Conseil fédéral face à la baisse de la diversité de la presse écrite. «Evidemment, ces licenciements c'est difficile pour les personnes concernées», regrette Doris Leuthard.

(ats)

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