Coronavirus: Les entreprises doivent-elles constituer des réserves de crise?
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CoronavirusLes entreprises doivent-elles constituer des réserves de crise?

Le conseiller national Olivier Feller (PLR/VD) a déposé mardi, une motion pour demander au Conseil fédéral d’inciter les entreprises à constituer des réserves de crise.

par
Christine Talos
Le Vaudois Olivier Feller souhaite que toutes les firmes, quelle que soit leur taille, constituent des réserves de crise.

Le Vaudois Olivier Feller souhaite que toutes les firmes, quelle que soit leur taille, constituent des réserves de crise.

©Florian Cella/VQH

Les mesures pour lutter contre le Covid-19 ont placé bon nombre d’acteurs économiques dans une situation
financière difficile, l’an dernier, et ce n’est pas fini. D’autant que les soutiens financiers de l’État ne sont pas toujours adaptés aux besoins ni mis en œuvre assez rapidement. Raison pour laquelle le conseiller national Olivier Feller (PLR/VD) veut réactiver une loi abrogée fin 2015, qui incitait les entreprises à constituer des réserves de crise. Il a déposé une motion en ce sens, mardi, à Berne.

«Il est dans l’intérêt général d’encourager les entreprises à constituer des réserves, afin de disposer d’un matelas de sécurité lors d’une crise», estime-t-il. «Car l’existence de réserves suffisantes peut s’avérer décisive pour permettre à une entreprise de survivre et de sauver des emplois», plaide encore le président de la Commission des finances du National.

Le modèle: une loi de 1988

Le texte que veut réactiver Olivier Feller est la loi sur la constitution de réserves de crise bénéficiant d’allègements fiscaux (LCRC), entrée en vigueur en 1988. Elle avait été élaborée à la suite de la seconde crise horlogère afin de maintenir l’outil de production et de l’emploi en cas de crise, explique le Vaudois. À l’époque, les entreprises pouvaient affecter une partie de leurs bénéfices annuels (maximum 15%) à des réserves qu’elles devaient placer sur un compte bloqué auprès d’une banque. Ces réserves n’étaient alors pas imposées. Et en cas de difficulté, la Confédération pouvait notamment libérer l’argent, afin de financer des mesures de relance, voire libérer tous les placements lorsqu’un secteur ou une région était en difficulté.

Mais si en 1988, cette loi concernait les entreprises d’au moins 20 personnes, Olivier Feller aimerait qu’elle soit actualisée et applicable à toutes les firmes «quelle que soit leur forme juridique, pour autant qu’elles occupent au moins un employé», ainsi qu’aux indépendants. Il s’agira aussi d’étendre son champ d’application aux crises sanitaires, aux catastrophes naturelles et aux crises économiques.

A noter que si Olivier Feller a déposé sa motion au National, sa collègue, la députée vaudoise Josephine Byrne, a, elle, interpellé le Grand Conseil vaudois, ce même jour, sur le même objet.

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