26.03.2020 à 14:53

Déjà 570'000 employés au chômage partiel

Suisse

Près de 42'000 entreprises ont demandé le chômage partiel en Suisse, soit 11% des travailleurs. Economiesuisse prévoit des licenciements dans 30% des entreprises.

La crise du coronavirus a mis un coup d'arrêt à la consommation en Suisse.

La crise du coronavirus a mis un coup d'arrêt à la consommation en Suisse.

Keystone

Les demandes de chômage partiel continuent à augmenter en raison du coronavirus. Quelque 42'000 entreprises ont demandé à bénéficier de ce système pour 570'000 de leurs employés, a indiqué jeudi Boris Zürcher, chef de la division travail du Seco.

Cela correspond à 11% des travailleurs de Suisse, a-t-il précisé devant la presse à Berne. Le Tessin est toujours le canton le plus touché, avec 34% des employés touchés. A l'inverse, Zurich ne compte des demandes que pour 9% de ses employés. Cela représente malgré tout 95'000 personnes, a relevé Boris Zürcher.

L'instrument du chômage partiel devrait permettre d'éviter une vague de liencenciements. Le responsable du Secrétariat d'Etat à l'économie a toutefois indiqué que, depuis le 15 mars, la Suisse compte 12'000 chômeurs de plus et 17'000 demandeurs d'emploi en plus.

Economiesuisse très pessimiste

La faîtière Economiesuisse table elle sur une «augmentation significative» des entreprises en proie à des problèmes de liquidités, d'approvisionnement et d'écoulement de leurs produits, ainsi qu'une détérioration de la morale de paiement en raison de la pandémie de coronavirus. «L'endiguement de la pandémie cause un grand préjudice économique», a averti Economiesuisse jeudi dans un communiqué, estimant que les chiffres d'affaires des sociétés avaient chuté de 20% en raison du virus. Dans les deux prochains mois, ce repli devrait s'accentuer à 30%.

Selon une enquête réalisée par la fédération, un tiers des sociétés rencontrent déjà des problèmes de liquidités et cette part va monter à 50%. «Les mesures de Conseil fédéral (annoncées mercredi) arrivent donc au bon moment pour interrompre les réactions négatives en chaîne», a souligné Economiesuisse.

Les entreprises membres de la faîtière ont également signalé que la morale de paiement entre sociétés s'était «considérablement détériorée», avec pour conséquence une hausse «significative des pertes sur créances irrécouvrables».

Chute des ventes

En raison de la pandémie de coronavirus, qui a quasiment mis un coup d'arrêt à la consommation, «la chute des ventes se poursuivra au cours des deux prochains mois, mais ne devrait pas s'aggraver davantage». Les secteurs de la restauration, des hôtels, l'événementiel et les salons de coiffure sont fortement impactés par la désertion de leurs clients.

Les exportations sont aussi touchées par cette baisse et, à l'inverse, l'approvisionnement risque de devenir de plus en plus difficile notamment pour les produits médicaux, les matériels d'emballages et de construction ainsi que l'alcool.

Les goulets d'étranglement ne concernent pas seulement les fournisseurs en Asie, mais aussi en Europe avec des difficultés rencontrées en Italie, France, Allemagne, Pologne, Serbie, Turquie et Autriche.

Impact sur l'emploi

La crise du Covid-19 aura aussi un impact sur l'emploi, 56% des entreprises sondées ayant indiqué avoir trop de salariés dans les deux prochains mois. Deux tiers n'excluent pas le recours au chômage partiel et des licenciements sont envisagés dans 30% des sociétés. A l'inverse, 10% des sociétés interrogées s'attendent à une pénurie de personnel.

La situation ne devrait pas revenir rapidement à la normale, selon les membres de la faîtière. Ces derniers estiment qu'il faudra au moins six mois pour constater une amélioration. Ces suppositions sont cependant basées sur l'hypothèse qu'il n'y aura pas de confinement étendu, car dans ce cas «l'impact négatif s'intensifiera clairement».

Le Conseil fédéral a adopté mercredi l'ordonnance visant à aider les PME en matière de liquidités au moins jusqu'au 19 avril. Les entreprises pourront obtenir dès ce jeudi auprès des banques des crédits cautionnés par la Confédération, qui a mis à disposition un plan d'aide de 20 milliards de francs.

Les sociétés pourront solliciter auprès de leur banque des crédits de transition à hauteur de 10% maximum de leur chiffre d'affaires annuel, jusqu'à un plafond de 20 millions de francs.

Remboursables dans les cinq, voire sept ans, les crédits seront versés rapidement et de manière non bureaucratique jusqu'à un montant de 500'000 francs. Ils seront garantis à 100% par la Confédération et assortis d'un taux d'intérêt nul.

(ats)

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