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EnvironnementLes essais nucléaires laissent plus de traces que prévu

Des chercheurs suisses ont mesuré dans la stratosphère les traces d'essais atomiques effectués dans les années 1950 et 60. La quantité des particules radioactives est bien plus élevée que ce qu'on estimait jusqu'ici.

Essai nucléaire américain aux îles Marshall, dans le pacifique (1952).

Essai nucléaire américain aux îles Marshall, dans le pacifique (1952).

Archive, Keystone

Les essais nucléaires effectués dans les années 1950 et 60 ainsi que l'accident du satellite atomique américain SANP-9a en 1964 ont répandu dans la stratosphère - de 15 à 50 km d'altitude - de grandes quantités de particules de plutonium et de césium. Mais on pensait que celles-ci étaient depuis devenues négligeables, indiquent les scientifiques dans la revue Nature Communications.

Cela est contredit par les résultats de l'équipe de José Corcho Alvarado du Laboratoire Spiez (BE), rattaché à l'Office fédéral de la protection de la population (OFPP). Les chercheurs ont évalué les données rassemblées par l'armée de l'air helvétique depuis 1970.

Les substances radioactives retrouvées ne représentent pas de danger pour la santé, a indiqué M. Alvarado à l'ats mardi. «Les quantités présentes dans la stratosphère sont bien moins importantes que celles qui se trouvaient près du sol dans les années 1960 et 70».

Tirées vers le bas par des cendres volcaniques

Par ailleurs, la tropopause, limite inférieure de la stratosphère, constitue une barrière efficace. Seules des cendres volcaniques projetées jusque dans la stratosphère lors d'une violente éruption sont capables de faire retomber ces substances dans la couche inférieure qu'est la troposphère.

Ce fut le cas lors de l'éruption en 2010 du volcan islandais Eyjafjallajökull. Les chercheurs suisses ont retrouvé des quantités supérieures à la normale de plutonium d'anciens essais atomiques en basse altitude. Là encore, il n'y a pas de danger pour la santé.

Utiles aux climatologues

Ces résultats peuvent se montrer utiles aux climatologues et aux spécialistes de l'atmosphère. «Nous avons montré que ces particules ont une longue vie et ainsi pourraient servir pour mieux comprendre les processus de transports dans l'atmosphère».

L'Institut de radiophysique de l'hôpital universitaire vaudois (CHUV) et l'Office fédéral de la santé publique (OFSP) ont également participé aux recherches.

(ats)

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