Polémique: Les Etats lancent la bataille autour de l'hymne national

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PolémiqueLes Etats lancent la bataille autour de l'hymne national

Le Conseil des Etats veut inscrire dans la Constitution le Cantique suisse comme seul hymne national. Pourquoi dépenser tant d'énergie alors qu'il est déjà l'hymne national ? Et que chacun est libre de chanter ce qu'il veut!

par
Eric Felley
En 1981, le Conseil fédéral a décidé que le Cantique suisse était l'hymne national. Alors que de nouvelles paroles sont proposées, le Conseil des Etats veut que le peuple mette le texte de 1841 dans la Constitution. Et, comme ici au Grütli, on ne devrait chanter que celui-là...

En 1981, le Conseil fédéral a décidé que le Cantique suisse était l'hymne national. Alors que de nouvelles paroles sont proposées, le Conseil des Etats veut que le peuple mette le texte de 1841 dans la Constitution. Et, comme ici au Grütli, on ne devrait chanter que celui-là...

Keystone

Mercredi, les conseillers aux Etats ont soutenu une initiative de Thomas Minder (Ind./SH) afin que le Cantique suisse (écrit en 1841) soit inscrit dans la Constitution. Ainsi écrit: «Le «Cantique suisse» de Charles Chatelanat et Alberik Zwyssig est proclamé hymne national de la Confédération suisse.» Ce serait bien la première fois que deux personnages, au demeurant grandement inconnus, gravent leurs patronymes dans le texte fondateur, après Dieu.

A quoi bon ? Ce cantique est déjà l'hymne national. Le Conseil fédéral l'a décidé en 1981. Mais pour le Schaffousois, le symbole n'est pas assez fort. Il faut le faire avaliser par le peuple. Ce discours a pris au piège ses collègues, qui ont craint de se retrouver taxés de mauvais Suisses. Du coup, ces messieurs ont avalisé la chose par 25 à 18.

Opposé, Robert Cramer (Verts/GE) s'est demandé si ceux qui viendraient à chanter d'autres paroles tomberaient sous le coup de la loi. Que non, lui a répondu Filipo Lombardi (PDC/TI), il existe des lois qui ne prévoient pas de sanctions, mais «elles montrent le chemin», a-t-il dit. De toute évidence celui de la pénitence pour ceux qui envisageraient de chanter autre chose...

Bien entendu cette initiative vise les efforts de la Société suisse d'utilité publique (SSUP) pour moderniser le texte. Elle a lancé un concours en 2015 et de nouvelles paroles ont été choisies, qui parlent de diversité, d'équité, de paix ou de solidarité. Evidemment, elles parlent moins de Dieu, mais ne représente-t-il pas tout cela à la fois ?

Depuis le début de cette législature, les représentants de la Chambre haute se sont un peu haussés du col. Ils ont fermé leurs portes aux lobbyistes et aux curieux, ils ont éloigné un peu plus les journalistes. D'une session à l'autre, ils trient dans les objets votés par l'autre chambre, pour les envoyer bien souvent au panier. Peut-être que le Conseil national saura prendre la juste mesure de cette proposition lorsqu'il traitera le sujet. En l'envoyant à son tour au panier.

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