Yémen: Les Etats-Unis et l'ONU réclament un cessez-le-feu
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YémenLes Etats-Unis et l'ONU réclament un cessez-le-feu

Les rebelles ont exigé «une enquête internationale» sur «des crimes de guerre» de la coalition arabe.

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Afin de prévenir la propagation de la pandémie, la coalition militaire menée Ryad observera un arrêt des combats dès jeudi. (7 avril 2020)

Afin de prévenir la propagation de la pandémie, la coalition militaire menée Ryad observera un arrêt des combats dès jeudi. (7 avril 2020)

AFP
La coalition menée par l'Arabie saoudite a visé lundi des sites de missiles balistiques et de drones de rebelles houthis à Sanaa. (30 mars 2020)

La coalition menée par l'Arabie saoudite a visé lundi des sites de missiles balistiques et de drones de rebelles houthis à Sanaa. (30 mars 2020)

AFP
La guerre au Yémen a un «impact dévastateur» sur la santé mentale des enfants, selon l'ONG Save the Children. (23 mars 2020)

La guerre au Yémen a un «impact dévastateur» sur la santé mentale des enfants, selon l'ONG Save the Children. (23 mars 2020)

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En une semaine, le conflit au Yémen a connu une escalade majeure, suivie de signes d'apaisement qui pourraient présager une reprise des négociations. Dimanche, les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l'ONU ont demandé au gouvernement et aux rebelles chiites d'établir un cessez-le-feu.

«Le temps est venu d'établir un cessez-le-feu sans conditions et ensuite de venir à la table des négociations», a souligné le secrétaire d'Etat américain John Kerry. Il s'est exprimé à Londres à l'issue d'une réunion consacrée au conflit.

L'envoyé spécial de l'ONU pour le Yémen, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed a participé à la rencontre qui a réuni John Kerry et des ministres des Affaires étrangères du Royaume-Uni, d'Arabie Saoudite et des Emirats arabes unis.

John Kerry a souligné que Ismaïl Ould Cheikh Ahmed et Boris Johnson, le chef de la diplomatie britannique, ont appelé à ce que le cessez-le-feu entre en vigueur «aussi rapidement que possible, c'est-à-dire lundi ou mardi. Nous ne pouvons insister trop aujourd'hui sur l'urgence d'en finir avec la violence au Yémen», a ajouté le secrétaire d'Etat américain.

Raid meurtrier

Depuis mars 2015, la guerre au Yémen oppose le gouvernement du président Abd Rabbo Mansour Hadi, soutenu par une coalition militaire arabo-sunnite sous commandement saoudien, aux rebelles chiites Houthis, alliés à des forces fidèles à l'ex-chef d'Etat Ali Abdallah Saleh. Le conflit a fait près 6900 morts, selon l'ONU.

Le 8 octobre, un raid aérien de la coalition a frappé une cérémonie funéraire à Sanaa, faisant 140 morts et 525 blessés, selon l'ONU. Ce carnage a marqué une nouvelle escalade impliquant les Américains, allié des Saoudiens.

Tirs de missiles américains

Les 9 et 12 octobre, les rebelles ont été accusés d'avoir tiré des missiles sur des navires de guerre américains en mer Rouge, ce qui a entraîné pour la première fois une intervention des Etats-Unis qui ont fait usage de missiles de croisière sur des sites de radars.

Selon François Heisbourg, conseiller à la Fondation pour la recherche stratégique à Paris, les Houthis ont juste voulu montrer à Washington qu'il y avait «un prix à payer» pour son soutien à Ryad. Mais les Etats-Unis, qui sont dans une période de transition, ne devraient pas aller au-delà de frappes ponctuelles.

Bavure reconnue

Quelques heures plus tôt, un coup de théâtre avait marqué une première désescalade: la coalition arabe qui, dans un premier temps, avait nié toute responsabilité dans le carnage de Sanaa a admis une bavure commise «sur la base d'informations erronées». Elle a annoncé des «compensations» pour les familles des victimes «civiles».

Les rebelles ont toutefois exigé dimanche «une enquête internationale indépendante» sur «des crimes de guerre» de la coalition arabe. Les résultats de cette enquête «n'innocentent pas» la coalition de «sa violation du droit international humanitaire», ont-ils fait savoir.

Samedi toujours, on apprenait que plus d'une centaine de personnes blessées lors des frappes à Sanaa étaient évacuées, avec deux otages américains, vers le sultanat d'Oman qui joue souvent un rôle d'intermédiaire entre les parties au conflit.

Nouvelle résolution à l'ONU

Vendredi, le Royaume-Uni a annoncé qu'il présenterait un projet de résolution au Conseil de sécurité de l'ONU «appelant à l'arrêt immédiat des hostilités et à une reprise du processus politique», parallèlement à l'accès à l'aide humanitaire.

«Il y a une pression énorme à l'intérieur et à l'extérieur du Conseil de sécurité» pour que les belligérants reprennent les négociations, souligne M. Alani.

Mais, jusqu'ici, la principale pierre d'achoppement a été la résolution 2216 de l'ONU (avril 2015), qui exige le retrait des rebelles des territoires conquis depuis l'été 2014 et la restitution des armes. «Les Houthis ne sont pas prêts à appliquer la 2216 car ils s'estiment traités injustement», relève M. Alani.

(ats)

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