Crise migratoire: Les Européens en quête de solutions sur les réfugiés
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Crise migratoireLes Européens en quête de solutions sur les réfugiés

Une réunion cruciale aura lieu mardi à Bruxelles pour trouver comment gérer l'afflux important de migrants arrivés en Europe ces dernières semaines.

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Le camp d'Idomeni a été évacué. Plusieurs milliers de personnes ont été déplacées vers des centres d'accueils, notamment à Thessalonique. (26 mai 2016)

Le camp d'Idomeni a été évacué. Plusieurs milliers de personnes ont été déplacées vers des centres d'accueils, notamment à Thessalonique. (26 mai 2016)

Marko Djurica, Reuters
A Idomeni, des heurts ont éclaté entre migrants et policiers macédoniens. Ces derniers ont utilisé des gaz lacrymogènes. (Dimanche 10 avril)

A Idomeni, des heurts ont éclaté entre migrants et policiers macédoniens. Ces derniers ont utilisé des gaz lacrymogènes. (Dimanche 10 avril)

Stoyan Nenov, Reuters
Peu après 5 heures, un petit ferry, Lesvos, et un catamaran plus imposant, Nezli Jale, ont embarqué un total de 131 personnes (Lundi 4 avril 2016).

Peu après 5 heures, un petit ferry, Lesvos, et un catamaran plus imposant, Nezli Jale, ont embarqué un total de 131 personnes (Lundi 4 avril 2016).

Keystone

Les ministres de l'Intérieur européens se retrouvent mardi à Bruxelles pour tenter d'aplanir leurs différends sur une répartition des réfugiés. Leur tâche sera ardue: Budapest a renforcé ses mesures anti-migrants, autorisant l'armée à employer des armes non létales.

Selon des sources proches de la présidence luxembourgeoise de l'Union européenne, les Etats pourraient s'entendre sur un texte dont le terme «contraignant», concernant les quotas, serait exclu. La réunion des ministres de l'Intérieur sera suivie, mercredi, d'un sommet extraordinaire des chefs d'Etat et de gouvernement.

La Hongrie, pays qui a vu transiter 225'000 migrants depuis le début de l'année, a doté lundi la police et l'armée de nouveaux pouvoirs, dans le cadre d'un «état de crise dû à une immigration massive». Parmi ces mesures figure la possibilité pour l'armée d'employer des armes à balles en caoutchouc ou même des fusils à filet contre les migrants qui tenteraient d'entrer illégalement dans le pays.

«Nos frontières sont en danger (...). La Hongrie et toute l'Europe sont en danger», s'est justifié le dirigeant populiste Viktor Orban, estimant que le continent était «submergé» par les migrants. «Ils ne frappent pas à notre porte, ils l'enfoncent», a-t-il lancé.

Flux continu

Ces nouvelles dispositions ont été considérées avec inquiétude par l'ONG Comité d'Helsinki, qui a souligné qu'elles visaient «des réfugiés qui, eux-mêmes, ont fui la guerre et le terrorisme et ont déjà subi des exactions de la police et des armées dans leur pays».

Profondément divisés entre l'est et l'ouest, les pays européens tentent cette semaine de s'accorder sur un principe de répartition pour l'accueil des réfugiés, et de dégager une aide financière pour les pays frontaliers de la Syrie qui en hébergent près de 4 millions.

Lueur d'espoir: malgré les rodomontades de Vikotr Orban, les pays d'Europe centrale, réticents sur le système de quotas contraignants de répartition des migrants en Europe, ont assuré lundi de leur volonté de trouver un accord européen sur cette question.

Plusieurs milliers de migrants sont à nouveau entrés lundi en Hongrie, en provenance de Croatie. Ils ont été acheminés par les autorités à la frontière autrichienne, pour leur permettre de poursuivre leur périple vers l'Allemagne, où près de 7000 personnes sont arrivées en Bavière durant le week-end.

Ban Ki-moon inquiet

Outre la question épineuse de la répartition des migrants, les Européens devraient discuter d'autres mesures urgentes pour maîtriser la crise migratoire. Le président du Parlement européen, Martin Schultz, a ainsi souhaité qu'un «maximum d'argent» soit mobilisé pour aider les trois pays qui accueillent près de 4 millions de réfugiés syriens sur leur sol, à savoir la Jordanie, la Turquie et le Liban.

Selon le Haut Commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR), le Conseil européen de mercredi est probablement la «dernière chance de l'Europe de parvenir à une réponse unie et cohérente» face à la plus grave crise migratoire à laquelle elle fait face depuis 1945.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, s'est déclaré de son côté «extrêmement inquiet de la dégradation de la situation des migrants et réfugiés qui arrivent en Europe». Il a appelé «les pays européens à respecter leurs obligations internationales, y compris le droit de chercher asile et l'interdiction du refoulement».

(ats)

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