19.02.2016 à 17:51

«Brexit»Les Européens jouent les prolongations à Bruxelles

Les discussions sur une renégociation des relations avec le Royaume-Uni sont à un moment «critique». La session plénière prévue vendredi dans l'après-midi a été repoussée en soirée.

La situation s'est envenimée dans la journée à propos de la crise des réfugiés, l'autre sujet à l'ordre du jour de ce Conseil européen.

La situation s'est envenimée dans la journée à propos de la crise des réfugiés, l'autre sujet à l'ordre du jour de ce Conseil européen.

Reuters

Le bras de fer devait se poursuivre au moins jusqu'à vendredi soir à Bruxelles entre le Royaume-Uni et les dirigeants européens pour parvenir à un accord visant à convaincre les Britanniques de rester dans l'UE. La session plénière prévue vendredi dans l'après-midi a été repoussée en soirée.

Alors que les rencontres bilatérales se sont succédé depuis la fin de la matinée, plusieurs points de blocage persistaient. Ces dissensions ont provoqué les reports successifs de la réunion plénière des chefs d'Etat et de gouvernement européens, d'abord à 14h30, puis 15h30, puis 16h00 et finalement en fin de journée.

Situation «critique»

«La situation est critique», a affirmé un responsable européen. «La réunion des dirigeants a été repoussée au plus tôt au souper, et il leur a été demandé de réserver des hôtels pour demain.»

Le repas des dirigeants était prévu à 20h00. «Nous avons progressé sur la plupart des thèmes, mais il reste des questions en suspens», a ajouté un autre responsable européen. «Nous pensons qu'il y a une chance, une bonne chance de pouvoir boucler les discussions, nous l'espérons lors du souper», a-t-il précisé.

Sur Twitter, le secrétaire d'Etat tchèque aux Affaires européennes, Tomas Prouza, s'est dit «de plus en plus perplexe, à mesure que le temps passe, devant l'approche britannique de refus de toute négociation».

La République tchèque est un des pays d'Europe centrale qui réclament des limites à la solution proposée pour réduire les prestations sociales dont bénéficient les employés immigrés de pays membres de l'UE installés en Grande-Bretagne. Les détails concernant la suppression des allocations familiales pour ces travailleurs, souhaitée par le Premier ministre britannique David Cameron, comptaient parmi les principaux points de blocage.

En milieu de journée, l'assurance que les banques britanniques seraient soumises à la même réglementation que leurs concurrentes européennes, une exigence de la France, faisait également toujours l'objet de négociations.

Athènes exige des garanties

La situation s'est envenimée dans la journée à propos de la crise des réfugiés, l'autre sujet à l'ordre du jour de ce Conseil européen. Les Grecs ont menacé de ne pas signer l'accord sur le Royaume-Uni s'ils n'obtiennent pas d'assurance sur la non-fermeture des frontières par des membres de l'Union.

A son arrivée à Bruxelles jeudi, le Premier ministre britannique avait souhaité conclure «un accord suffisamment fort pour convaincre le peuple britannique» (...) et «régler ce problème pour une génération».

Britanniques partagés

Aussitôt un accord conclu, David Cameron entend commencer les démarches pour tenir le référendum sur le maintien ou pas de son pays dans l'UE, probablement le 23 juin. Il prévoyait initialement de réunir son gouvernement vendredi soir à Londres pour présenter les conclusions du sommet européen. Il a annoncé, en fin d'après-midi, sur Twitter que ce conseil des ministres n'aurait pas lieu.

Les Britanniques sont partagés sur la question. Selon un sondage TNS publié vendredi, les personnes favorables à un Brexit, soit une sortie de l'UE, ont deux points d'avance sur les partisans du maintien, à 36% contre 34%.

(ats)

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