Publié

ThaïlandeLes ex-dirigeants n'ont plus le droit de sortir du pays

La junte qui a pris le pouvoir a convoqué vendredi et interdit de sortie de territoire de nombreux anciens dirigeants, dont l'ex-Première ministre, Yingluck Shinawatra.

1 / 101
L'ancien président déchu de Thaïlande a créé, depuis son exil à l'étranger, un groupe d'opposition à la junte miliaire en place depuis son coup d'Etat fin mai. (24 juin 2014)

L'ancien président déchu de Thaïlande a créé, depuis son exil à l'étranger, un groupe d'opposition à la junte miliaire en place depuis son coup d'Etat fin mai. (24 juin 2014)

Keystone
La police récompensera les gens qui prennent en photo les manifestants qui se livrent à toute action antijunte. (23 juin 2014)

La police récompensera les gens qui prennent en photo les manifestants qui se livrent à toute action antijunte. (23 juin 2014)

Keystone
Signe des restrictions de liberté depuis le coup d'Etat du 22 mai; un jeune homme a été interpellé dimanche pour avoir lu le livre «1984» de George Orwell devant un centre commercial de Bangkok. (23 juin 2014)

Signe des restrictions de liberté depuis le coup d'Etat du 22 mai; un jeune homme a été interpellé dimanche pour avoir lu le livre «1984» de George Orwell devant un centre commercial de Bangkok. (23 juin 2014)

Keystone

"Au total, 155 personnes sont interdites de voyage à l'étranger, sauf autorisation" du nouveau régime militaire, "à des fins de maintien de la paix et de l'ordre", a déclaré un porte-parole de la junte qui a pris le pouvoir en Thaïlande.

Yingluck ne pourra donc ainsi pas rejoindre son frère Thaksin Shinawatra, exilé après avoir été victime d'un putsch en 2006 puis condamné pour malversations financières.

Alors que les réseaux sociaux bruissaient de rumeurs sur son départ à l'étranger, Yingluck s'est présentée dans la matinée à une convocation des militaires. Comme Niwattumrong Boonsongpaisan, ministre qui a assuré l'intérim après sa destitution par la justice le 7 mai.

Au total, une centaine d'anciens responsables politiques, du parti Puea Thai (ex-gouvernement) comme du parti Démocrate (opposition), étaient convoqués vendredi par les auteurs de ce coup d'Etat condamné par la communauté internationale.

Assurant vouloir seulement régler ainsi une crise politique de sept mois qui n'en finissait plus, les généraux ont imposé un couvre-feu et interdit les manifestations. Une trentaine de jeunes Thaïlandais ont bravé l'interdiction et manifesté devant le Monument de la Démocratie. Les soldats ont laissé faire.

Bangkok dans le calme

Mais, globalement, Bangkok était calme, sans chars dans les rues comme en 2006. Toutes les écoles étaient néanmoins fermées.

Les militaires étaient nombreux aux alentours du siège du gouvernement, déserté depuis des mois, alors que les derniers manifestants d'opposition, contents de ce putsch qu'ils appelaient de leurs vœux, remballaient leurs tentes.

Après moins de trois jours de loi martiale, destinée selon l'armée à forcer au dialogue les acteurs civils de la crise politique, le puissant chef de l'armée de terre, le général Prayut Chan-O-Cha, avait justifié jeudi un coup rendu nécessaire "pour que le pays revienne à la normale".

Le général avait mis en avant la violence dans le pays, qui a fait 28 morts depuis le début de la crise à l'automne dernier, la plupart lors de tirs ou de jets de grenades en plein Bangkok.

"Le chef de l'armée Prayut a pris le pouvoir", a titré en une vendredi le journal The Nation. "Coup d'Etat: la Constitution suspendue", écrit le Bangkok Post.

Une image fixe sur toutes les télévisions

Vendredi matin, toutes les télévisions, fermées, diffusaient de la musique sur une image fixe montrant le nom du nouveau régime: le Conseil national pour le maintien de la paix et de l'ordre.

Apparaissaient à intervalles réguliers les bulletins du nouveau régime, lus par un porte-parole de l'armée, et de courts journaux télévisés montrant des véhicules militaires près de l'aéroport de Bangkok.

L'internet, et notamment les réseaux sociaux, fonctionnait toujours, mais l'armée a menacé de recourir à des fermetures en cas de contenu critique.

Certains observateurs estiment que la crise est avant tout liée à une lutte de pouvoir pour s'assurer de qui sera à la tête du gouvernement au moment de la succession du roi Bhumibol Adulyadej, 86 ans.

Se pose la question de l'investiture royale du nouveau pouvoir dans cette monarchie constitutionnelle qui compte désormais 19 coups d'Etat ou tentatives en 80 ans.

(AFP)

Ton opinion