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Hockey sur glaceLes excuses ne valent rien

Les Fribourgeois évoquent la faute à «pas de chance» mais la réalité est qu'ils ne méritaient pas mieux que cette cinglante défaite.

par
Julien Boegli
Fribourg
Sport-Center

Dans les travées de l’arène fribourgeoise, où la colère du peuple gronde davantage encore et l’exaspération enfle, des excuses, plus ou moins fantaisistes, ont été invoquées au sortir ce vilain échec encaissé face au HC Bienne. Comme par exemple le manque de réussite de Gottéron dans la période intermédiaire.

C’est vrai, les hommes de Mark French n’ont pas été en veine à certaines reprises, notamment lorsque la rondelle est venue chatouiller les montants de Jonas Hiller après qu’ils ont établi leurs quartiers dans le camp d’en face. Mais est-ce vraiment la faute à «pas de chance» s’ils n’ont pas été capables de tromper une arrière-garde seelandaise qui a affiché une application sans faille et n’a finalement que rarement été sortie de sa zone de confort? Après une période initiale parfois proche de l’horreur, il n’aurait pourtant fallu qu’un but aux Dragons pour que la flamme jaillisse à nouveau. À court d’idées et de tranchant, ils ont failli sur toute la ligne.

Aussi, des plaintes, pour de prétendues décisions arbitrales profitables aux visiteurs, ont été entendues ici et là. Les directeurs de jeu n’y sont pour rien si FR Gottéron s’est retrouvé à patiner la moitié des huit premières minutes en désavantage numérique suite aux écarts de conduite de ses employés. Ils n’y sont pour rien non plus si Jason Fuchs, en verve, a profité de ces situations spéciales pour tromper par deux fois Reto Berra. Même ce bon vieux Saint-Nicolas a été incriminé, apparemment coupable récidiviste des échecs fribourgeois lorsque celui-ci réapparaît chaque début décembre.

Dans la réalité, celle qui met les joueurs fribourgeois face à leurs responsabilités, toute tentative de disculpation est inutile. L’incroyable naïveté dont ils ont fait preuve dans le tiers initial est un argument à lui seul suffisant pour valider cette condamnation, sous la forme d’une sixième défaite en sept rencontres. Ils ont joué comme si tout leur réussissait, se sont portés vers l’avant avec une telle imprudence qu’on en vient presque à regretter que Bienne n’ait pas accentué son avantage en début de partie, lorsque Earl et Fuchs, entre le 0-2 et le 0-3, ont manqué de peu la cible. Histoire de leur montrer qu’on ne joue pas l’audace à outrance quand la confiance manque.

Non, Gottéron ne méritait pas mieux et son invité pas autre chose qu’un succès. Car les Biennois ont réalisé une prestation de premier plan. Pendant que leur adversaire se portait de manière inconsidérée vers l’avant sans se soucier de couvrir ses arrières, eux ont d’abord pensé à faire bloc devant leur gardien avant d’envisager pouvoir tirer profit des écarts adverses. Pour cela, ils ont été récompensés d’un troisième succès consécutif.

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