Motocyclisme - Les F1, ces monstres destructeurs...
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MotocyclismeLes F1, ces monstres destructeurs...

Les nombreuses bosses du «Circuit of the Americas» ne s’expliquent pas seulement par la présence, une fois l’an, des voitures les plus rapides au monde sur le tracé texan. On sait néanmoins depuis longtemps que le partage d’un même terrain entre F1 et MotoGP pose problème.

par
Jean-Claude Schertenleib

L’accord annoncé dans la semaine, qui fera du circuit de Losail, au Qatar, une étape du championnat du monde de Formule 1 ces dix prochaines années, fait la fierté des autorités de Doha. Qui n’ont pas manqué de rappeler leur désormais riche histoire dans le domaine des sports mécaniques. Cette information ne pouvait qu’avoir des répercussions sur le MotoGP, dont les saisons s’ouvrent traditionnellement à Losail, qui paie d’ailleurs le prix pour cela et encore plus pour être le seul GP de l’année en nocturne.

A Austin, c’est celui qui dit toujours tout haut ce qu’il pourrait parfois penser tout bas – à l’annonce que le GP des Amériques était maintenu au calendrier, il avait affirmé qu’il passerait tout son séjour avec deux masques sur la bouche! –, l’Espagnol Aleix Espargaró, n’a pas raté l’occasion: «La F1 à Losail? C’est une mauvaise nouvelle. J’adore le Qatar, j’aime ce circuit, mais les F1 détruisent tout à cause de leur force d’appui. Je suis heureux pour les Qataris, qui pourront profiter à la fois du MotoGP et de la F1, mais moins pour la piste, qui est parfaitement plate actuellement...»

Les besoins sont totalement différents

La cohabitation deux-roues/quatre-roues a toujours posé problème. Différents au fil des ans. Lorsqu’on courait dans la forêt du Bremgarten, à Berne, ou dans celles du circuit Masaryk, à Brno (Tchécoslovaquie, en ce temps-là), les arbres étaient malheureusement – mortellement - les mêmes, que l’on soit pilote de moto ou pilote automobile.

Puis est venue l’époque de la sécurité idéale pour les voitures de course, les circuits étant entourés de rails métalliques qui arrêtaient les voitures, mais qui étaient autant de coupe-gorges pour les pilotes moto. Vinrent ensuite les bacs à sable, qui ralentissaient le véhicule en difficulté, mais qui devaient être plus profonds pour les voitures, plus lourdes, que pour les motos. Avec là-aussi des conséquences douloureuses (voir l’accident de l’ancien triple champion du monde 500 cm3 Wayne Rainey, à Misano en 1993).

Aleix Espargaró a souligné les défauts du circuit des Amériques.

Aleix Espargaró a souligné les défauts du circuit des Amériques.

AFP

Désormais, le sport automobile privilégie de larges zones de sécurité en dur à l’extérieur des virages, ce qui n’effraie pas les pilotes moto. Las, dans le même temps, et comme le rappelle Aleix Espargaró, la force d’appui des voitures de course est devenue tellement importante, qu’elle provoque des dégâts sur les revêtements, notamment aux points de freinage et à l’accélération, endroits qui ne sont pas les mêmes que l’on s’appelle Lewis Hamilton ou Marc Márquez.

«Vous refaites tout, ou on ne revient pas!»

Si l’état lamentable du revêtement du circuit d’Austin n’a pas remis en question les courses du jour, quelque chose devra être fait en vue du futur. Telle est l’exigence des pilotes, réunis l’autre soir en commission de sécurité: «Nous voulons une nouvelle surface, du virage No 2 au virage No 10; dans le cas contraire, on ne reviendra pas!»

La phrase du jour: Marc Márquez

«Sur ce circuit, je souffre dans trois virages; à Misano, il n’y avait que trois virages où je ne souffrais pas»

Si, pour la première fois depuis que le circuit des Amériques est au calendrier mondial, Marc Márquez n’a pas signé la pole position, attention à lui dimanche soir!

Marc Márquez  est aussi remonté.

Marc Márquez est aussi remonté.

AFP

Tom Lüthi s’excuse

Après avoir raté la qualification directe pour la superpole pour 8 millièmes de seconde, Thomas Lüthi a touché le fond dans la première phase des qualifications. Corollaire, il s’élancera de la dernière ligne de la grille de départ, avec l’avant-dernier temps: «Je suis désolé pour toute l’équipe. J’étais optimiste après une bonne séance libre matinale, mais jamais je n’ai trouvé mon rythme avec ces innombrables bosses.» Un autre futur retraité s’élancera de la dernière ligne: Valentino Rossi, en MotoGP.

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