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Tuerie de ChevalineLes familles «choquées» par des photos de la scène de crime

Une chaîne de télévision française a diffusé mardi des images montrant la voiture criblée de balles de la famille al-Hilli ainsi que le corps d'un cycliste au sol. Elle est menacée de poursuites.

Mardi, BFMTV a diffusé des photos exclusives montrant les scènes du crime.

Mardi, BFMTV a diffusé des photos exclusives montrant les scènes du crime.

Keystone

La diffusion de photos exclusives par BFMTV montrant la scène de crime de Chevaline et le corps du cycliste tué a «profondément choqué» les familles des victimes, a déclaré mercredi le procureur d'Annecy, qui envisage des «poursuites pénales».

«La diffusion par un média télévisé d'un certain nombre d'images manifestement issues de l'enquête, ça me met en colère, ça nous met en colère, ça nous rend triste», a déclaré mercredi après-midi lors d'une conférence de presse le procureur de la République d'Annecy, Eric Maillaud, avant de faire le point sur l'enquête.

Poursuites pénales

«Ça a profondément choqué les membres des familles des victimes, notamment cette photo où l'on voit le corps du cycliste allongé certes le visage flouté, où l'on devine à travers le pare-brise le corps de Saad al-Hilli» (abattu avec sa femme, sa belle-mère et le cycliste français - considéré par les enquêteurs comme une victime collatérale, NDLR), a-t-il ajouté.

«Je crois que le mot déontologie existe toujours dans le dictionnaire. Il y a à mon sens des lignes rouges à ne pas dépasser. Ce sera, en temps utile, une enquête et l'étude de la possibilité de poursuites pénales», a poursuivi le magistrat en dénonçant des «attitudes» qu'il juge «parfaitement scandaleuses».

Photo de la gendarmerie

Mardi, BFMTV a diffusé des photos exclusives montrant pour l'une la famille au complet avant la fusillade, et pour les deux autres des scènes du crime. Selon la chaîne, la première photo provient du téléphone portable du père. Un autre cliché, pris par un hélicoptère de la gendarmerie, montre la BMW des victimes avec les traces de recul au sol et le corps du cycliste. Une troisième photo de la voiture est prise à hauteur d'homme.

Mercredi après-midi, les photos n'étaient plus visibles sur le site de la chaîne, qui expliquait: «pour des raisons de droits, les photos initialement publiées dans cet article ont dû être retirées.»

Le procureur Maillaud «est dans son rôle et nous sommes dans notre rôle de journalistes», a réagi mercredi Dominique Rizet, journaliste de BFMTV, peu après la diffusion en direct par la chaîne de la conférence de presse à Annecy. Ce dernier avait mardi fait la publicité de ces photos à l'antenne. «Ces photos ne mettent pas en péril l'enquête», a-t-il ajouté.

(AFP)

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