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Grève des femmesLes féministes du XXIe siècle, ce sont elles!

Dans les groupes préparant la grève du 14 juin, de nombreuses jeunes femmes côtoient des militantes plus aguerries. Qui sont-elles? Portraits.

par
Caroline Zuercher
«On dit d’une fille qui couche avec plusieurs garçons qu’elle est facile. Cette vision est totalement banalisée alors que ce n’est pas juste»Silène Titzé, 17 ans, collégienne à Sion

«On dit d’une fille qui couche avec plusieurs garçons qu’elle est facile. Cette vision est totalement banalisée alors que ce n’est pas juste»Silène Titzé, 17 ans, collégienne à Sion

Yvain Genevay/LMD

Le 14 juin 1991, 500 000 personnes avaient participé à la grève des femmes. Vingt-huit ans plus tard, les militantes vont à nouveau débrayer. Un manifeste a été publié cette semaine en Suisse romande, qui résume les revendications de ces femmes (lire en page 18), dont certaines n’étaient même pas nées en 1991. Âgées de 17, 24, 33 ou 38 ans, elles représentent la relève du féminisme.

«Dans nos réunions, la moitié des intervenantes ne dépassent pas la trentaine», confirme Valérie Borloz, coordinatrice de la grève en Suisse romande. Cette Vaudoise de 51 ans y voit un renouveau du féminisme qui dépasse les frontières helvétiques. Des grèves ont en effet eu lieu ailleurs en Europe ou en Amérique du Sud. La quinquagénaire lie le phénomène aux campagnes qui circulent sur les réseaux sociaux, comme le mouvement #MeToo. Elle l’interprète aussi comme une réaction au virage conservateur pris dans plusieurs pays.

«Je suis devenue grand-maman, et des jeunes femmes doivent encore se battre contre les inégalités», soupire Marianne Ebel. Cette Neuchâteloise de 71 ans était aux premiers rangs en 1991. Dans un peu moins de cinq mois, elle défilera avec ses cadettes, déchirée entre la déception de ne pas avoir atteint l’objectif et la satisfaction de constater que la relève est assurée.

«Je suis contente de voir que les jeunes comprennent que l’égalité n’est pas assurée. Après son inscription dans la Constitution, en 1981, certaines ont pu le penser.» Côté pratique, ce sang neuf a l’avantage d’apporter les nouvelles technologies au mouvement. D’une génération à l’autre, les sensibilités sont-elles différentes? «Je sens ces jeunes femmes beaucoup plus convaincues d’avoir le droit de revendiquer, plus sûres d’elles, répond Valérie Borloz. Il y a cinquante ans, ce culot était moins répandu.»

Et les principales intéressées, qu’en pensent-elles? Nous en avons rencontré sept. Voici leurs témoignages.

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