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Partenariat socialLes femmes socialistes se penchent sur l’égalité salariale

Le dernier dialogue entre les partenaires sociaux pour parvenir à l’égalité salariale est un échec. Les femmes socialistes ont trouvé un moyen de l’arrimer à la hausse de l’âge de la retraite des femmes.

«Si l’écart entre les salaires des hommes et des femmes passe de 23 à 22%, l’âge de la retraite pourrait augmenter de un ou deux mois», explique la conseillère nationale Cesla Amarelle (PS/VD) qui porte le projet

«Si l’écart entre les salaires des hommes et des femmes passe de 23 à 22%, l’âge de la retraite pourrait augmenter de un ou deux mois», explique la conseillère nationale Cesla Amarelle (PS/VD) qui porte le projet

Keystone

Les discussions autour de l’égalité des salaires n’ont jamais été aussi concrètes et aussi contextuellement bien positionnées pour trouver une place dans la loi. Les femmes socialistes ont trouvé un moyen de l’arrimer à la hausse de l’âge de la retraite des femmes. La balle est dans le camp des femmes bourgeoises.

Le dernier dialogue entre les partenaires sociaux pour parvenir à l’égalité salariale est un échec: seules 42 entreprises y ont pris part au début du mois de décembre 2013, alors que le projet tablait sur la participation de 100 entreprises d’ici à la fin février 2014, révèle une étude, commandée par la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga. Tant et si bien que la conseillère fédérale à la tête du Département fédéral de justice et police (DFJP) promet de revenir l’été prochain avec des solutions contraignantes pour forcer les entreprises à aligner leurs barèmes.

Parallèlement, son collègue Alain Berset envisage de faire passer l’âge de la retraite des femmes de 64 à 65 ans dans son projet de prévoyance vieillesse 2020. Il mentionne que le relèvement de l’âge de la retraite doit s’accompagner d’une amélioration dans l’égalité des salaires. Une perche que les femmes socialistes ont saisie.

Et de venir avec une solution clé en main. «Si l’écart entre les salaires des hommes et des femmes passe de 23 à 22%, l’âge de la retraite pourrait augmenter de un ou deux mois», explique la conseillère nationale Cesla Amarelle (PS/VD) qui porte le projet avec sa collègue Jacqueline Fehr (PS/ZH), vice-présidente du PS. Ce système souple s’adapterait chaque année aux chiffres de l’Office fédéral de la statistique.

Un bonus contre la discrimination

Une autre variante, concoctée par le professeur zurichois Thomas Gächter, préconise que les patrons alimentent un fonds. Celui-ci permettrait de verser un bonus aux femmes au moment de leur départ à la retraite, qui compenserait le manque à gagner accumulé au cours des ans pour cause de discrimination.

Le contrôle de l’application de l’égalité salariale pourrait aussi être une tâche supplémentaire attribuée aux tripartites, ces commissions qui assurent pour l’heure l’application des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes. «Une possibilité qui existe dans le canton de Vaud, mais qui est peu appliquée», souligne Cesla Amarelle.

«De tels mécanismes ont aussi été élaborés dans d’autres pays européens, mais n’ont guère fait leurs preuves», ajoute celle qui défend avant tout un couplage entre l’égalité salariale et la hausse de l’âge de la retraite.

Les femmes des partis gouvernementaux ainsi que les trois conseillères fédérales ont pris connaissance de ce projet lors d’une récente table ronde à Berne. «Pour avancer, cette solution doit absolument être adoptée par les femmes bourgeoises», a poursuivi la socialiste. Pour l’heure, le projet circule dans les rangs des associations féminines avant de rebondir au Parlement, espère-t-elle.

Obligées d’intenter une action en justice

Car, aujourd’hui, celles qui aimeraient faire appliquer le principe de l’égalité salariale se trouvent fort dépourvues: la lésée doit intenter une action en justice, même si le principe de cette égalité est inscrit dans la Constitution fédérale depuis 1981. Tout le monde s’accorde à trouver ce système insuffisant.

De fait, l’écart moyen de salaire entre hommes et femmes reste impressionnant : il s’élève à 23,6% dans le secteur privé (en 2010), dont 37,6% ne peuvent être expliqués de manière objective et sont donc discriminatoires. Et cet écart ne s’est pas réduit au cours des dernières années, rappelle une des deux études sur lesquelles Simonetta Sommaruga et son département s’appuyeront pour proposer des mesures. Au-delà du mécanisme proposé, la réforme de la prévoyance professionnelle des femmes doit passer par une refonte globale, estime Cesla Amarelle. Comme la prévoyance vieillesse dépend du salaire, si celui-ci est bas, la rente qui suivra aussi. La flexibilisation de l’âge de la retraite ou une cotisation dès l’âge de 20 ans et non 25 ans au 2e pilier pourrait aider les femmes, qui commencent à travailler jeunes. Note aux rédactions: Encadré suit (SDA\/bu vf

(ats)

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