Actualisé 06.02.2015 à 11:53

Procès du Carlton«Les filles nous accompagnant étaient élégantes, cultivées»

Au 5e jour du procès de l'affaire dite du Carlton à Lille, la Cour a cherché à déterminer les rôles joués dans ce réseau de proxénétisme par un avocat et un entrepreneur faisant partie du cercle de Dominique Strauss-Kahn.

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Dominique Strauss-Kahn a été relaxé par le Tribunal de Lille. (12 juin 2015)

Dominique Strauss-Kahn a été relaxé par le Tribunal de Lille. (12 juin 2015)

AFP
Dominique Alderweireld, alias «Dodo la Saumure» a aussi été relaxé. Tenancier de maisons closes en Belgique, il était soupçonné  d'avoir envoyé depuis la Belgique des prostituées dans la région lilloise, ainsi qu'à Paris et aux Etats-Unis au profit de Dominique Strauss-Kahn. (Vendredi 12 juin 2015)

Dominique Alderweireld, alias «Dodo la Saumure» a aussi été relaxé. Tenancier de maisons closes en Belgique, il était soupçonné d'avoir envoyé depuis la Belgique des prostituées dans la région lilloise, ainsi qu'à Paris et aux Etats-Unis au profit de Dominique Strauss-Kahn. (Vendredi 12 juin 2015)

Reuters
Libertin ou proxénète?  Dominique Strauss-Kahn, pris en photo le 30 mai 2015 au Stade de France, sera fixé par les juges ce vendredi matin dans l'affaire du Carlton. (12 juin 2015)

Libertin ou proxénète? Dominique Strauss-Kahn, pris en photo le 30 mai 2015 au Stade de France, sera fixé par les juges ce vendredi matin dans l'affaire du Carlton. (12 juin 2015)

AFP

Le procès pour proxénétisme aggravé qui s'est ouvert lundi à Lille (nord de la France) s'est rapproché ce vendredi 6 février du cas de Dominique Strauss Kahn, l'ancien patron du FMI qui sera interrogé la semaine prochaine sur sa participation à un réseau de prostitution.

L'audience doit se concentrer sur les rôles joués dans ce réseau par un avocat, Emmanuel Riglaire, et un entrepreneur David Roquet, qui faisaient partie du cercle de DSK. Celui-ci, qui n'a été présent qu'à la première audience, entrera en scène la semaine prochaine, à partir de mardi selon le programme prévu.

Dans un entretien à BFM TV diffusé vendredi matin, David Roquet a réitéré des propos qu'il avait déjà tenus au sujet de l'ancien directeur général du fonds monétaire international, qui ignorait selon lui que les femmes qu'il lui présentait lors des parties fines étaient des prostituées.

L'ombre de DSK

«Les filles qui nous accompagnaient étaient élégantes, cultivées, ce n'est pas du tout le même scénario que là dans une bagnole, sous la flotte», a déclaré David Roquet.

Évoquant ses rapports avec Dominique Strauss-Kahn, alors bien placé dans les sondages pour remporter l'élection présidentielle de 2012 en France, David Roquet explique avoir apprécié passer «une après-midi avec quelqu'un qui est numéro deux du monde et futur président de la République».

«Mon objectif c'était ça professionnellement. C'était d'organiser un déjeuner avec M. Strauss-Kahn et mes grands patrons», a ajouté cet ancien directeur de Matériaux Enrobés du Nord, une filiale d'Eiffage,. Les faits concernant DSK ne devraient toutefois pas être évoqués en dehors de sa présence.

La défense accuse les médias

Selon la Défense, ce dossier ne doit son ampleur et son retentissement médiatique qu'à la présence de Dominique Strauss-Kahn.

Jeudi le tribunal s'est penché sur le personnage de Dominique Alderweireld, alias «Dodo la saumure», un tenancier d'établissements de prostitution en Belgique accusé d'avoir fourni des jeunes femmes pour des soirées tarifées en France.

Revivez la journée de jeudi

Il a assuré que les filles hébergées dans ses établissements agissaient librement, notamment quand il s'agissait de se rendre à Lille pour des rencontres tarifées. «Je ne peux avoir que des indépendantes, parce que s'il y a un lien de subordination, selon la loi belge je suis proxénète», a-t-il martelé.

Avocat à la barre des accusé

La journée du vendredi 6 février a démarré avec l'examen de la personnalité de l'avocat Emmanuel Riglaire, accusé par une prostituée de l'avoir présentée à René Kojfer, directeur des relations publiques de l'hôtel Carlton de Lille et pivot présumé du réseau de prostitution.

«Il n'y a que des gens abîmés dans cette salle», a-t-il déclaré devant le tribunal en réprimant les sanglots. «Je ne pardonnerai jamais à ceux qui nous ont entraîné devant ce tribunal et ont assuré la publicité du dossier», ajoute-t-il. «J'ai enterré mon premier enfant, j'ai connu des épreuves plus difficiles» (que de répondre à la barre à vos questions), déclare Me Riglaire, visiblement très affecté, qui estime que «les parties civiles répandent leur venin».

«Je ne pardonnerai jamais à ceux qui nous ont entraînés devant ce tribunal et ont assuré la publicité du dossier», lance l'avocat, inscrit au barreau de Lille depuis 20 ans, qui s'exprime sans difficulté devant le tribunal, mais a tout de même la voix brisée en évoquant les conséquences de l'affaire, sur sa famille notamment.

«J'entends la peine des parties civiles mais elles doivent se rendre compte des dommages collatéraux qu'elles provoquent», ajoute Me Riglaire, soupçonné d'avoir profité des jeunes femmes mises à disposition par le chargé des relations publiques de l'hôtel Carlton.

(AFP)

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