Genève: Les fonctionnaires entendent poursuivre le combat
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GenèveLes fonctionnaires entendent poursuivre le combat

Jeudi, les députés genevois ont voté le gel de l’annuité 2021 pour les fonctionnaires. La même mesure est prévue pour 2023. Un motif de mécontentement.

La suspension de l’annuité 2021 des fonctionnaires a été votée jeudi par le Grand Conseil genevois. Cette mesure d’économie fait partie d’un compromis des partis gouvernementaux pour accepter le budget 2021 de l’Etat qui devrait afficher près de 840 millions de francs de déficit.

La suspension de l’annuité qui permet d’économiser 55 millions est largement passée: 76 voix contre 10 et 3 abstentions. En contrepartie, le Conseil d’Etat devrait obtenir les postes supplémentaires qu’il demande. Par rapport au budget 2020, ce sont 656 postes en plus qui sont prévus, dont une partie de postes d’auxiliaires non pérennes liés à la crise du Covid-19.

Réformer le système

Les partis gouvernementaux ont voté cette suspension de l’annuité, à contrecoeur pour la gauche et en appelant à réformer ce système d’augmentation automatique pour la droite. Ensemble à Gauche s’y est fermement opposé estimant que les revenus des fonctionnaires ne doivent pas servir de variable d’ajustement budgétaire. L’UDC a pour sa part appelé à l’abolition du statut de fonctionnaire.

Ce vote a lancé le débat sur le budget 2021 de l’Etat qui devrait occuper le Grand Conseil au minimum jusqu’à vendredi à la mi-journée. En jeu, une feuille de route prévoyant des charges de 9,36 milliards de francs pour des revenus de 8,52 milliards afin de faire fonctionner le canton à travers la crise sanitaire, économique et sociale.

Environ 400 personnes se sont retrouvées pour une assemblée à proximité des Hôpitaux universitaires genevois

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Keystone

«Pas satisfaite»

Le déficit de près de 840 millions est notamment lié aux coûts induits par l’épidémie, dont 38 millions en plus pour la santé ou encore 17 millions pour les cas de rigueur. Le Conseil d’Etat a aussi renoncé à des mesures d’économie et a revu les recettes fiscales à la baisse. Son premier projet de budget présenté en septembre tablait sur un déficit de 501 millions.

«Je ne peux pas être satisfaite de présenter un tel budget», a relevé la cheffe du Département des finances Nathalie Fontanet en relevant le déficit historique annoncé. Mais ce budget de temps de crise doit permettre de répondre aux besoins de la santé, des plus vulnérables mais aussi de l’économie, a-t-elle ajouté en insistant sur le niveau d’investissement élevé (714 millions).
Crise institutionnelle

«Mauvais budget»

L’entrée en matière a été acceptée par 76 voix contre 17 (Ensemble à gauche et UDC) et une abstention. «C’est évidemment un mauvais budget au regard de l’ampleur du déficit. C’est un bon budget au regard de la situation exceptionnelle que nous vivons», a déclaré Jacques Blondin, député PDC rapporteur de majorité.

Chaque parti gouvernemental a admis avoir fait des concessions afin de doter le canton d’un budget et éviter ainsi de tomber dans le système des douzièmes provisoires, synonyme de crise institutionnelle. Le PLR Yvan Zweifel a consenti à voter ce budget extraordinaire, mais il veut des réformes structurelles «pour sortir dès 2022 de l’abime budgétaire».

De la confiance

A gauche, la Verte Dilara Bayrak relève que ce budget ne convient pas à son parti qui l’aurait voulu plus ambitieux au niveau environnemental, mais il est nécessaire «pour amener de la stabilité». Le MCG a aussi insisté sur le sentiment de confiance qu’il faut donner à la population et aux entreprises.

Jean Burgermeister, député d’Ensemble à Gauche et rapporteur de minorité a multiplié les attaques contre ce budget qui est en «complet décalage avec la crise sanitaire» et «qui ne répond pas à la rupture sociale». Son groupe mise sur une augmentation des recettes fiscales pour une meilleure répartition des richesses.

La position des partis ne devrait au final pas évoluer. Les débats se poursuivent avec le passage en revue de chaque politique publique. Des amendements présentés par Ensemble à Gauche et l’UDC ont été refusés. Seuls des amendements du Conseil d’Etat devraient passer la rampe.

(ATS/NXP)

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