Pakistan: Les fonctionnaires honnêtes crèvent l'écran
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PakistanLes fonctionnaires honnêtes crèvent l'écran

La première finale de l'émission «Integrity Idol» a été diffusée mercredi soir à la télévision alors que le pays est hautement corrompu.

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Au Pakistan, une émission de télévision tente de promouvoir une culture d'intégrité en élevant des fonctionnaires honnêtes au rang de «Nouvelles stars». Ce pays miné par la corruption se classe 116e sur 176, selon le bilan annuel publié mercredi par l'organisation Transparency International.

Un responsable du cadastre de la province du Pendjab (centre) a remporté la première édition de l'émission «Integrity Idol», lors de la finale de l'émission, diffusée mercredi soir. Le prix récompense la lutte frontale menée dans son district contre le versement de bakchichs visant à faciliter l'enregistrement de transactions.

Le public avait initialement désigné 300 bureaucrates méritants, dont cinq ont été présélectionnés par un panel d'experts en droit public, qui ont enquêté sur eux. «J'ai dit à tous les habitants que si un fonctionnaire du cadastre leur demandait ne serait-ce qu'une roupie, appelez-moi ou envoyez-moi un message», a expliqué le gagnant, Rai Manzoor Husain Nasir.

M. Nasir, qui a renvoyé 30 fonctionnaires corrompus, a remporté 7000 des quelque 20'000 votes exprimés en ligne, devenant l'Idole de l'intégrité. Il a aussi été salué pour ne pas avoir utilisé ses avantages, comme les frais d'essence, à des fins personnelles. De hauts responsables politiques assistaient à l'émission diffusée sur la chaîne Geo.

Encore beaucoup à faire

Le Laboratoire de la responsabilité, organisation basée aux Etats-Unis qui organise «Integrity Idol», espère répéter le succès de son émission au Népal. Le gagnant de la première édition dans ce pays a acquis une certaine notoriété et conseille le gouvernement sur la corruption.

«Il s'agit de changer les mentalités et de saluer l'intégrité, en aidant les gens à faire avancer les changements qu'ils souhaitent voir», a expliqué un dirigeant de l'ONG, Blair Glencorse. Il reste néanmoins beaucoup à faire.

Le bakchich et autres formes de corruption sont endémiques au Pakistan. Le pays a gagné une place par rapport à l'an dernier au bilan annuel de Transparency International, signe que la situation continue à s'améliorer doucement.

Mais le gouvernement fait l'objet d'un torrent d'accusations, notamment après la révélation par le scandale des Panama Papers de biens détenus à l'étranger par les enfants du Premier ministre Nawaz Sharif via des holdings offshore. Les Panama Papers sont des documents qui ont été publiés en avril sur des détenteurs d'avoirs dans des paradis fiscaux à travers le monde.

(ats)

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