Libye: Les forces consolident leurs positions à Syrte
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LibyeLes forces consolident leurs positions à Syrte

Avec l'aide des Américains, les forces libyennes avançaient dans le fief du groupe Etat islamique, mercredi.

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Les forces libyennes consolidaient leurs positions conquises dans le fief du groupe Etat islamique (EI) de Syrte avec le soutien aérien américain. (Mercredi 3 août 2016)

Les forces libyennes consolidaient leurs positions conquises dans le fief du groupe Etat islamique (EI) de Syrte avec le soutien aérien américain. (Mercredi 3 août 2016)

Reuters
Les rêves des révolutionnaires libyens, trois ans après la chute du colonel Kadhafi, restent encore dans les cartons. Le gouvernement n'a prévu aucune célébration, contrairement à l'année passée.

Les rêves des révolutionnaires libyens, trois ans après la chute du colonel Kadhafi, restent encore dans les cartons. Le gouvernement n'a prévu aucune célébration, contrairement à l'année passée.

Keystone
Le 20 octobre 2011, les troupes tuent Mouammar Kadhafi, mettant fin à huit mois de conflits.

Le 20 octobre 2011, les troupes tuent Mouammar Kadhafi, mettant fin à huit mois de conflits.

AFP

Les forces libyennes, fortes du soutien aérien américain, tentent de consolider leurs positions conquises à Syrte, fief du groupe Etat islamique (EI), mais font face face dans leur progression aux snipers et aux mines posées par les djihadistes .

«Nos forces poursuivent leur progression et tentent de consolider leurs gains, sous le couvert des frappes continues de l'aviation américaine qui ont donné un élan à l'offensive» pour reprendre Syrte, a déclaré mercredi à l'AFP Reda Issa, un porte-parole des forces du gouvernement d'union nationale (GNA).

Mais, selon le responsable, les troupes «font face aux snipers et aux mines dans différents secteurs de Syrte», bastion libyen de l'EI situé à 450 km à l'est de Tripoli et dont la perte constituerait un coup dur pour l'organisation djihadiste, .

Soutien italien

Pour faciliter sa prise, le gouvernement italien s'est dit mercredi prêt à ouvrir ses bases militaires et son espace aérien aux bombardiers américains, qui ont mené lundi et mardi sept frappes contre les positions du groupe EI à Syrte.

Mais, signe des profondes divisions qui minent la Libye depuis la chute de Kadhafi en 2011, les principales forces de l'est du pays, opposées au GNA, ont vivement critiqué les frappes américaines, y voyant une manoeuvre «politique».

C'est à la demande du GNA, dont les forces peinent à reconquérir cette ville tombée aux mains des djihadistes en juin 2015, que l'aviation militaire américaine a effectué ses premières frappes.

Reda Issa, le porte-parole du GNA, n'a pas indiqué si de nouveaux raids américains avaient eu lieu mercredi contre le groupe EI à Syrte, principal fief des djihadistes en Libye.

Attentats

Les forces du GNA sont entrées le 9 juin dans la cité et assiègent depuis les djihadistes . Elles ont toutefois été ralenties par les contre-attaques du groupe EI qui a recours notamment aux voitures piégées et aux attentats suicide.

Les frappes américaines, «avec leur degré de précision, vont aider à anéantir des cibles entre les maisons qui sont difficiles à atteindre par nos hommes», a dit Reda Issa. «Les armes efficaces et précises aideront sans doute à remporter la bataille», a dit le responsable libyen en allusion aux frappes américaines.

Les Etats-Unis, qui frappent le groupe EI en Irak et en Syrie depuis 2014, ont maintes fois affirmé leur volonté de «détruire» ce groupe responsable d'atrocités dans les zones sous son contrôle et d'attentats meurtriers notamment en Occident.

«Sécurité nationale»

Le président américain Barack Obama a jugé que les frappes américaines relevaient de la «sécurité nationale» de son pays et de ses alliés européens.

Ces derniers mois, Washington avait mené des frappes ciblées contre l'EI ailleurs en Libye, tuant notamment en novembre 2015 à Derna (est) un djihadiste, présenté comme «le plus haut responsable de l'EI en Libye».

En près de trois mois, plus de 300 membres des pro-GNA ont été tués et 1300 blessés dans la bataille de Syrte, selon des sources médicales à Misrata (200 km à l'est de Tripoli), siège du commandement de l'offensive pour la reprise de Syrte.

«Nous avons fait appel au soutien (américain) pour limiter les pertes», a déclaré à l'AFP le général Mohamad al-Ghassri, le porte-parole des forces du GNA.

Carte politique américaine

Profitant du chaos en Libye depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011 après huit mois de rébellion armée, l'EI s'y est implanté et s'est emparé de Syrte. Deux gouvernements se disputent le pouvoir dans le pays livré aux milices, le GNA installé à Tripoli et reconnu par la communauté internationale et un cabinet parallèle basé dans l'Est.

Signe des divisions persistantes et des luttes de pouvoir, le Parlement, installé dans l'Est et qui n'a pas voté la confiance au GNA, a jugé que les frappes américaines étaient des «violations de l'espace aérien» libyen.

Réagissant mercredi pour la première fois, les forces du général Khalifa Haftar, qui soutient le Parlement, a dénoncé une manoeuvre «politique». «Syrte est devenue une carte politique qui joue un rôle important dans les élections américaines et dans la consolidation de l'autorité» du GNA, a déclaré un porte-parole, Ahmed al-Mesmari.

La plus haute autorité religieuse du pays, la controversée Dar al-Iftaa, qui ne reconnaît pas l'autorité du GNA, avait affirmé elle aussi son rejet des frappes américaines, estimant que cet appui militaire n'était qu'une tentative de «voler» la vedette aux forces libyennes.

(ats/afp)

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