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AfghanistanLes forces US suspendent l'entraînement de policiers

Le commandement des forces spéciales américaines en Afghanistan a suspendu temporairement l'entraînement d'un millier de policiers afghans dans l'attente d'une nouvelle vérification des identités et personnalités de leurs collègues déjà en poste.

AFP

Il espère ainsi éviter toute infiltration talibane, a annoncé l'Otan.

Seules les nouvelles recrues de la police locale afghane (ALP), dont les Etats-Unis ont la charge de la formation via leurs forces spéciales, voient leur entraînement suspendu, a précisé un porte-parole de l'Isaf, la force armée de l'Otan en Afghanistan.

L'ALP a un recrutement assez opaque, ce qui multiplie les risques d'infiltration par les rebelles ou de criminels dans ses rangs. Les délits et crimes attribués à ses membres sont légion.

Un millier de recrues concernées

Cette suspension concerne un millier de nouvelles recrues de l'ALP, a précisé le colonel Thomas Collins, un autre porte-parole de l'Isaf, dans un communiqué. Elle durera le temps que l'Isaf vérifie le passé des policiers déjà membres de l'ALP, d'après ce texte.

A l'inverse, «il n'y a aucune suspension temporaire de la mission» de formation de la police nationale (ANP) et de l'armée afghanes (ANA), a observé le porte-parole de l'Isaf. Les violences contre les soldats de la coalition sont pourtant bien plus le fait de membres de l'ANP et de l'ANA que de l'ALP.

La clarification de l'Isaf intervient après la publication d'un article par le «Washington Post» dimanche, selon lequel la vérification concernera 27'000 membres des forces de sécurité afghanes. L'ALP compte environ 30'000 membres, sur un total de 352'000 soldats et policiers afghans.

Multiplication des attaques

Ce genre d'attaques, très difficiles à prévenir, se sont multipliées ces derniers mois. Au moins 45 soldats de l'Isaf ont été tués cette année par des policiers ou des militaires afghans au cours de ce que l'on appelle des «attaques de l'intérieur».

Quoique jugé «très bon» par un responsable des forces spéciales anonyme cité par le Washington Post, le processus de vérification habituel a montré ses limites. «Nous aurions probablement dû nous doter d'un mécanisme de suivi des recrues depuis le début» de leur enrôlement, a-t-il confié.

Selon le journal, nombre des consignes de sécurité n'ont pas été appliquées de peur de ralentir le recrutement de jeunes Afghans dans l'armée et la police. La croissance rapide de l'appareil de sécurité aux ordres de Kaboul est jugée indispensable pour le succès du transfert des responsabilités des forces internationales aux forces afghanes qui doit s'achever en principe fin 2014.

Transfert de la sécurité

De sa réussite cependant dépend le retrait déjà débuté des 130'000 militaires de l'Isaf - dont une grosse majorité d'Américains. Ce processus dit de «transition» est largement engagé avec le passage sous contrôle national afghan de la sécurité de près de la moitié de la population.

Les talibans de leur côté tentent d'en perturber le bon déroulement, et les «attaques de l'intérieur», spontanées ou à leur incitation, y contribuent.

(ats)

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