Actualisé 26.01.2013 à 21:53

MaliLes Français et les Maliens reprennent Gao

Les forces françaises et maliennes se sont emparées samedi de Gao, la principale ville du nord-est du Mali. C'est une étape importante de l'offensive lancée contre les rebelles islamistes.

Un véhicule de l'armée malienne.

Un véhicule de l'armée malienne.

Keystone

"L'armée malienne et les Français ont pris le contrôle de Gao aujourd'hui", a déclaré le lieutenant Diaran Koné, porte-parole des forces locales.

Dans un communiqué, le ministère français de la Défense indique quant à lui que "les forces françaises sont parvenues à saisir cette nuit la zone de l'aéroport de Gao ainsi que le pont sur le fleuve Niger.

Le porte-parole de l'état-major français a indiqué que les unités impliquées dans les combats de la nuit n'avaient pas pour mission de pénétrer dans Gao mais, en s'emparant de l'aéroport et du pont, de permettre l'acheminement de renforts maliens, voire africains, qui seront chargés du contrôle de la ville.

"Plusieurs groupes terroristes ont combattu les forces françaises intervenant en soutien de l'armée malienne. Leurs moyens mobiles et plusieurs sites logistiques leur appartenant ont été détruits", poursuit le ministère de la Défense dans son communiqué.

Opérations de harcèlement

"Le dispositif militaire sur la zone de Gao se renforce aujourd'hui avec l'engagement de militaires maliens et d'une unité du sous-groupement tactique interarmes. Des contingents africains, formés de militaires nigériens et tchadiens, arrivent sur zone pour prendre le relais de nos forces. Les armées africaines et malienne devront sécuriser la région de Gao et ses habitants, progressivement libérés du risque terroriste."

Paris annonce en outre que Sadou Diallo, le maire de Gao réfugié à Bamako, "a pu regagner sa ville accompagné par le colonel Dako." Le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'état-major des armées, a indiqué que la prise de l'aéroport et du pont à la sortie sud de la ville avaient fait un nombre de victimes estimé à "un peu plus d'une dizaine" dans les rangs des rebelles.

L'opération, menée par le forces spéciales dans la nuit de vendredi à samedi, a mobilisé des troupes au sol, des hélicoptères et des avions de transport d'assaut avec un appui aérien. Les principaux accrochages se sont produits à proximité du pont sur le Niger mais il n'y a eu aucune perte côté français, a encore précisé le porte-parole.

Au Mali, un officier français a précisé que les unités sur place faisaient encore face samedi à des actes de "guérilla" des rebelles islamistes. "Les rebelles se sont fondus parmi la population locale. Ils pratiquent le harcèlement. L'opération est toujours en cours, c'est un peu compliqué", a-t-il expliqué.

Deux semaines d'offensive

L'annonce de la prise de Gao confirme que les forces françaises et maliennes progressent rapidement dans leur offensive lancée voici deux semaines depuis Konna, dans le centre, pour reprendre les territoires du nord conquis par les islamistes d'Ansar Dine, du Mouvement pour l'unicité et ledjihad en Afrique de l'Ouest (MUJAO) et d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI).

Des officiers maliens rapportent qu'il n'y a eu ces derniers jours aucun affrontement direct avec les combattants islamistes, qui ne cessent de battre en retraite pour éviter les bombardements de l'aviation française.

Au chapitre de la constitution de la Force africaine de soutien au Mali sous mandat de l'ONU (Misma), les dirigeants de l'Union africaine réunis à Addis-Abeba ont demandé aux Nations unies de fournir un appui logistique et des financements d'urgence pour permettre son déploiement.

La Misma doit compter au final jusqu'à 6000 soldats. Pour l'heure, seuls 1900 soldats africains sont arrivés au Mali. Une vaste colonne de véhicules blindés et de plusieurs centaines de militaires tchadiens est sortie samedi de Niamey, la capitale du Niger, pour se diriger vers Gao.

(AFP)

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