Coronavirus: Les Français se ruent faire leurs emplettes en Italie
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CoronavirusLes Français se ruent faire leurs emplettes en Italie

La frontière à peine rouverte, des files d'attente se sont formées, notamment devant les magasins qui vendent de l'alcool et des cigarettes.

Le premier magasin côté italien, après Menton, a été pris d'assaut par les Français.

Le premier magasin côté italien, après Menton, a été pris d'assaut par les Français.

AFP

«Comme s'il ne s'était rien passé!»: au premier magasin italien après Menton, sur la Côte d'Azur, Alessandro, un carton de bouteilles à ses pieds, regarnit le rayon alcool où des clients français se sont rués, profitant de la réouverture de la frontière italienne. Midi approche et la queue s'allonge à l'extérieur de cette supérette d'une quinzaine d'employés, fermée pendant tout le confinement en Italie, un des pays parmi les plus touchés par le coronavirus, mais qui recommence à vendre à tour de bras des cigarettes, moins taxées qu'en France.

«C'est l'affluence des bons jours», se félicite Alessandro, tandis que les clients déambulent, panier au bras, entre les rayons de conserves de câpres et d'anchois. «Aujourd'hui, on est 70% à travailler mais il y a tellement de gens au chômage dans la région... Le virus nous a filé un sacré coup», dit-il.

Beaucoup moins cher

Les bocaux de baba au rhum, les paquets de pâtes, l'huile d'olive, les liqueurs et petits chocolats italiens: tout fait envie mais Odile, enseignante en école primaire à Grasse, a mis des cigarettes et du pastis Ricard dans son sac. Ce sont deux grosses heures de route aller-retour mais ça vaut le coup selon elle: «C'est beaucoup moins cher».

L'énervement des premières heures de la matinée qui a gagné les travailleurs frontaliers venant d'Italie travailler en France ou à Monaco, quand la police française a imposé un contrôle strict et systématique est oublié: le préfet des Alpes-Maritimes a donné des instructions, la file d'attente s'est résorbée et les concerts de klaxons rageurs se sont tus.

Fini les amendes

Les contrôles continuent puisque la France n'a pas prévu de rouvrir ses frontières avant le 15 juin, mais le nécessaire est fait «afin de fluidifier les points d'entrée et assouplir les contrôles pour les ressortissants français de retour sur le territoire national», a précisé la préfecture. Oubliée aussi la menace d'une amende de 135 euros pour qui fait l'aller-retour pour un simple achat de cartouches de cigarettes.

Mais la situation reste parfois encore compliquée. «Ils vous contrôlent quand même et il faut une attestation!» conseille un couple revenant d'Italie à des acheteurs arrivant dans l'autre sens. «Non, juste la carte d'identité, moi ils ne m'ont rien dit», assure un autre. «On a une situation un peu complexe, il y a une réouverture totale des frontières italiennes mais la situation n'est pas identique côté français», indique-t-on de source policière: pour entrer en France, «on exige toujours d'un travailleur italien une attestation de l'employeur (...) Pour les Français, en principe, ça va plus vite».

«On exige un nouveau papier, je ne sais pas lequel, on a du mal à suivre... On a l'impression qu'il y a des jours où, on sait pas pourquoi, ils veulent faire du zèle. Au début, c'est l'Italie qui bloquait et la France qui laissait passer», commentait tôt le matin Frederic van Went, paysagiste à Roquebrune-Cap Martin (sud de la France). Ses jardiniers italiens, employés dans les villas de la Côte d'Azur, ont eu du mal à passer. «Apparemment, la France voulait qu'ils (les pays européens) rouvrent tous ensemble, alors ils font un caca nerveux», ironise-t-il. Quelques heures plus tard, la situation sur la frontière est revenue à un semblant de normalité.

(AFP)

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