Freeride: Les freeriders sont bloqués au pied des sommets
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FreerideLes freeriders sont bloqués au pied des sommets

Les Suisses engagés sur le Freeride World Tour sont dans l’attente. L’étape de Fieberbrunn (Aut) est menacée. Ce n’est pas la faute au Covid-19 mais au manque d’enneigement. Verbier tremble également pour son Xtreme fin mars.

par
Sylvain Bolt
L’an passé à Fieberbrunn, les conditions étaient hivernales. Mais le décor a drastiquement changé pour l’édition 2021 qui est menacée en raison du manque d’enneigement. 

L’an passé à Fieberbrunn, les conditions étaient hivernales. Mais le décor a drastiquement changé pour l’édition 2021 qui est menacée en raison du manque d’enneigement.

@freerideworldtour/©MIAKNOLL

Ils ont l’habitude de changer complètement leur ligne dans la cabane de départ. Voire de redescendre de leur sommet quelques minutes après le début de l’épreuve en raison d’une météo capricieuse. Les freeriders sont les maîtres de l’adaptation. Leur saison 2021 est pourtant plus chamboulée que jamais. Les épreuves de Kicking Horse (Canada) et de Hakuba (Japon) sont passées à la trappe en raison de la pandémie.

La saison a finalement pu débuter en Andorre le 19 février. «Nous n’étions pas sûrs d’y aller encore quelques jours avant en raison des restrictions sanitaires, soupire Elisabeth Gerritzen. Mais la crise nous a appris à gérer nos nerfs et à tout relativiser.» La face andorrane a été très peu enneigée pour la première épreuve. Mais des chutes de neige sont apparues comme une bénédiction en Andorre après cette première compétition et ont même permis d’y disputer une deuxième étape inespérée.

Pas d’étape en Autriche?

La Vaudoise en a profité pour remporter la deuxième victoire de sa carrière après l’Xtreme de Verbier 2019. «J’ai vécu un véritable tourbillon d’émotions en gagnant une compétition avec un 360° après avoir perdu un ski lors de la première épreuve», souligne la Lausannoise, actuellement troisième du Freeride World Tour.

Sa compatriote Maude Besse, troisième lors de la première étape avant de chuter sur la deuxième, occupe la cinquième place du classement ski femmes du FWT.

«C’est un peu la catastrophe. Nous ne sommes pas sûres de pouvoir disputer l’épreuve de Fieberbrunn et à Verbier, les conditions ne sont pas du tout réjouissantes»

Maude Besse

Seules les quatre premières skieuses sont qualifiées pour la finale, censée se tenir lors de l’Xtreme de Verbier. Ce week-end, une ou deux épreuves étaient prévues à Fieberbrunn (Autriche). Mais la face du Wildseeloder est victime des conditions météorologiques inhabituelles dans les Alpes autrichiennes. Les vents chauds combinés à de faibles chutes de neige continuent de mettre à l’épreuve les organisateurs dans la préparation de la face qui ressemble plutôt à un rocher déneigé.

Le snowpark à la place de la poudreuse

La fenêtre météo a été étendue du 10 au 17 mars (au lieu du 6 au 12) et tout le monde croise les doigts pour que les centimètres de neige recouvrent le caillou autrichien. «C’est un peu la catastrophe. Nous ne sommes pas sûres de pouvoir disputer l’épreuve de Fieberbrunn et à Verbier, les conditions ne sont pas du tout réjouissantes, résume Maude Besse. Du coup on s’adapte et on a pas mal profité du snowpark ces derniers jours.»

Maude Besse et Elisabeth Gerritzen rêvent de s’élancer fin mars sur le Bec des Rosses pour célébrer le 25e anniversaire de l’Xtreme. La compétition n’avait pas pu souffler ses bougies l’an dernier en raison du Covid-19. Si l’étape autrichienne est annulée, deux épreuves pourraient avoir lieu à Verbier. Mais tous les scénarii restent ouverts pour les organisateurs du FWT.

«Ce serait compliqué de disputer deux compétitions sur le Bec des Rosses, mais Nicolas Hale-Woods (ndlr: le boss du Freeride World Tour) a déjà démontré qu’il avait le don de trouver de nouvelles faces à la dernière minute», explique Elisabeth Gerritzen.


«Émotionnellement, cela demande pas mal de sang-froid, il faut rester là physiquement et psychiquement alors que nous ne sommes pas du tout sûres de la suite de la saison, souligne Elisabeth Gerritzen. De manière globale, je suis assez inquiète pour l’avenir de notre sport vu le réchauffement climatique. Mais aussi un brin fataliste.» Les flocons vont-ils sauver la saison du Freeride World Tour?

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