Gastronomie: Les fromages suisses perdent du terrain

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GastronomieLes fromages suisses perdent du terrain

Bonne nouvelle: les Suisses aiment beaucoup le fromage. Moins bonne nouvelle: ils se délectent de plus en plus de spécialités étrangères.

par
Melina Schröter
L'Helvète a mangé en moyenne 21,31 kilos de fromage en 2017, soit trois de plus que la consommation européenne.

L'Helvète a mangé en moyenne 21,31 kilos de fromage en 2017, soit trois de plus que la consommation européenne.

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En termes de consommation, la Suisse n'est pas l'autre pays du fromage mais bien «le» pays du fromage. Selon un communiqué publié cette semaine par la faîtière Switzerland Cheese Marketing (SCM), l'Helvète a en effet mangé en moyenne 21,31 kilos de fromage en 2017, soit trois de plus que la consommation européenne. Une bonne nouvelle pour les producteurs, entachée d'un autre chiffre moins réjouissant: celui des importations. En dix ans, la part des fromages étrangers mangés en Suisse est passée de 25% à 33%. En 2017, une portion sur trois venait donc d'un autre pays.

Les explication de l'association faîtière

L'association faîtière s'en inquiète. «Une partie de cette tendance est liée aux prix et au franc fort, analyse Manuela Sonderegger, porte-parole de SCM. Mais les importations de fromage frais type Cantadou ou Philadelphia pèsent aussi dans ces chiffres. Les Suisses ne sont pas très forts dans ces fromages-là. Et, lorsqu'on regarde par exemple les lignes M-Budget ou Prix Garantie de ces produits, ils viennent généralement d'ailleurs.» Une partie des importations serait aussi due à l'industrie et aux cantines, qui privilégient des matières premières moins chères. «Dans des lasagnes industrielles, les gens regardent souvent la provenance de la viande, mais moins celle des autres ingrédients.»

Le comportement du consommateur a aussi évolué. Là où un morceau de gruyère et un de vacherin suffisaient à clore un repas il y a dix ans, l'amateur de fromage veut aujourd'hui de la diversité et si possible proposer à ses invités des spécialités. Des spécialités qu'il trouve dans la région, la production fromagère suisse s'étant considérablement étoffée ces dernières années, mais aussi à l'étranger. «Dans les fromages importés plus chers, les produits venant d'Italie ou de France séduisent avec des variétés différentes comme le roquefort, le gorgonzola ou le comté.»

Objectif: inverser la tendance

Mais SCM espère bien inverser la tendance en communiquant sur la diversité, la qualité et le côté artisanal de la production suisse, notamment en faisant connaître les nouvelles créations helvétiques capables de rivaliser avec des fromages qu'on ne pense trouver qu'à l'étranger comme les bleus ou même le fameux fromage frais. «Et les grands fromages comme le gruyère ou l'emmental sont souvent considérés comme des produits industriels au vu de leur quantité de production. Il faut donc rappeler que ce sont aussi des produits artisanaux confectionnés par de petits fromagers.» L'organe faîtier s'est aussi fixé comme objectif un recensement de tous les fromages helvétiques – il y en a environ mille sur son site pour l'instant. Ainsi qu'une traçabilité totale de chaque morceau, du fromager qui a confectionné la meule jusqu'au consommateur.

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