Bienne: Les fugitifs étaient des squatters

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BienneLes fugitifs étaient des squatters

Les deux hommes qui se sont blessés en sautant par une fenêtre étaient de jeunes Algériens sans papier.

par
Vincent Donzé
Un adulte et un ado ont sauté par une fenêtre de la maison bleue.

Un adulte et un ado ont sauté par une fenêtre de la maison bleue.

lematin.ch/Vincent Donzé

Un adulte de 20 ans et un adolescent de 16 ans qui fuient par une fenêtre et se blessent à Bienne, telle était l’information diffusée le 24 juillet dernier par la police cantonale bernoise. Grâce au «Bieler Tagblatt» relayé par «Le Journal du Jura», on en sait davantage sur les conséquences de l’intervention policière menée tôt dans la matinée de ce dimanche: de jeunes sans-abri algériens logeaient dans des appartements inoccupés et délabrés, à la rue de Madretsch.

Les forces d’intervention se sont manifestées verbalement et en toquant à la porte. But de l’intervention: déloger les jeunes qui s’étaient introduits dans un appartement du deuxième étage. Dès l’apparition des forces de l’ordre dans l’escalier, deux squatters ont tenté de s’enfuir par une fenêtre donnant sur la cour intérieure.

Conduit d’aération

Un voisin a raconté la scène au «Bieler Tagblatt»: «Le plus âgé a voulu descendre en s’accrochant à un conduit d’aération, mais il a glissé et s’est laissé choir sur un avant-toit. Celui-ci n’a pas tenu le choc, le fuyard est donc passé à travers et, après sa chute, est resté inanimé durant deux minutes».

Après avoir repris connaissance, le fugitif s’est relevé et a tenté de rejoindre la rue en passant par une fenêtre. C’est là que la police l’a interpellé. Sérieusement blessé à la tête, il a été transporté à l’hôpital en ambulance.

Cinq Algériens

La police cantonale bernoise a confirmé l’identité de cinq Algériens âgés entre 15 et 20 ans, entrés illégalement en Suisse. Or, à Bienne, le service d’hébergement d’urgence n’accueille pas les mineurs, lesquels trouvent refuge dans des appartements inoccupés.

«La plupart des sans-abri restent discrets, mais les Algériens parlaient fort, notamment la nuit. Et avec la chaleur, ils laissaient les fenêtres ouvertes», résume un voisin. Dérangés, des gens du quartier ont fini par appeler la police.

Immigration clandestine

Une plainte a été déposée pour entrée illégale et séjour illégal, violation de domicile et dommage à la propriété. Placés d’abord en garde à vue, les jeunes ont vite été relâchés: en dépit de leur présence illégale, les expulser sans leur consentement est impossible: l’Algérie n’autorise aucun vol «spécial» dans son espace aérien, selon «Le Journal du Jura».

Rapatrier les adolescents dans un vol de ligne, c’est mission impossible sans leur consentent. Le dossier est entre les mains de la police des étrangers, qui s’attend à les retrouver dans la clandestinité.

Besoin d’assainissement

L’immeuble de la rue de Madretsch 72 nécessite un assainissement. Il appartient à une société zougoise qui a transféré son siège à Bienne. Seuls deux appartements y sont loués, le reste étant inoccupé. À la rue de Madretsch, les numéros 58 et 60 sont également inoccupés.

Selon le «Bieler Tagblatt», le No 60 est sous le coup d’une interdiction d’utilisation signifiée par la Ville en 2018. Des travaux y avaient été entrepris, sans permis de construire. Un contrôle avait révélé de graves lacunes dans la protection anti-incendie, la sécurité statique, l’hygiène des logements et les installations électriques.

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