Actualisé 25.01.2019 à 06:32

VaticanLes gardes suisses ont leurs casques en plastique: sacrilège?

L’armée du Saint-siège a présenté mardi ses nouveaux casques fabriqués par une imprimante 3D. Ils font grincer quelques dents.

von
Renaud Michiels
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Le Vatican a reçu et présenté mardi les nouveaux casques des gardes suisses.

Le Vatican a reçu et présenté mardi les nouveaux casques des gardes suisses.

AFP/Vatican
Ils ressemblent comme deux gouttes d'eau aux anciens.

Ils ressemblent comme deux gouttes d'eau aux anciens.

AFP/Vatican
On retrouve les armoiries de la famille Della Rovere, dont est issu le pape Jules II, qui a créé la Gardes suisses en 1506. Mais ce casque est deux fois plus léger que le précédent.

On retrouve les armoiries de la famille Della Rovere, dont est issu le pape Jules II, qui a créé la Gardes suisses en 1506. Mais ce casque est deux fois plus léger que le précédent.

AFP/Vatican

La Garde suisse pontificale fêtait mardi son 513e anniversaire. Et a officiellement présenté pour l’occasion ses nouveaux casques, fabriqués par une imprimante 3D. L’armée du Vatican, forte de quelque 110 hommes, en a reçu 95 exemplaires.

Le nouveau casque n’aurait que des avantages. En plastique – un polymère thermoplastique – il est aussi robuste que son prédécesseur métallique. Il est bien plus léger: 570 grammes contre 1 kilo environ. Il est relativement cher: entre 900 et 1000 francs. Mais bien moins que le traditionnel, forgé à la main, qui nécessitait plus de 100 heures de travail. Et il est «ventilé»: en été, les hommes ne cuiront plus sous le métal.

Perte d'un savoir-faire traditionnel?

Pour concocter ces nouveaux casques noirs de parade, un modèle datant du XVIe siècle a été scanné. Puis est répliqué à l’identique, en une seule pièce, par la société 3D-prototyp, de Stans, dans le canton de Nidwald. L’impression dure 14 heures. Puis les finitions, comme l’application d’une laque noire anti-UV ou la doublure en cuir sont faites à la main, également en Suisse.

La présentation de ce projet de couvre-chef hi-tech, en mai dernier, avait cependant fait grincer des dents sur les réseaux sociaux. Certains regrettaient la disparition du charme d’un métal travaillé à la main, pointaient le risque de perte d’un «savoir-faire traditionnel» voire critiquaient une armée historique «gâchée» par ce casque moderne.

Allier tradition et modernité

Le casque historique naissait en effet dans des forges de la petite commune de Molln, en Haute-Autriche. Où la famille Schmidberger manie le marteau et l’enclume et transmet son savoir de génération en génération depuis quelque deux siècles. Mais les gardes suisses avancent que les nouveaux casques prouvent que la plus petite armée du monde sait allier tradition et modernité.

Chacun jugera. Quant aux forgerons autrichiens travaillant à l’ancienne, ils perdent les casques. Mais continuent à fabriquer les cuirasses médiévales et les hallebardes des hommes du Vatican.

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