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MobbingLes gardiens de prison portent plainte

Les gardiens de la prison genevoise de la Brénaz accusent leur hiérarchie de harcèlement. La justice va être saisie.

?La prison de la Brénaz compte quelque 70 détenus et une petite trentaine de gardiens.

?La prison de la Brénaz compte quelque 70 détenus et une petite trentaine de gardiens.

Christian Bonzon

Genève a décidément très mal à ses prisons. Après la surpopulation carcérale, la grogne des gardiens de Champ-Dollon, les atermoiements directoriaux à Frambois, les évasions de mineurs, c’est au tour de la Brénaz de connaître un épisode problématique. L’établissement pénitentiaire de 70 places voit en effet ses employés attaquer en justice leur sous-directeur.

«Mes clients évoquent un personnage autoritaire exerçant son pouvoir de manière clairement abusive, qui n’hésite pas à menacer et à insulter ses subordonnés, explique Jacques Roulet, avocat des gardiens de prison. C’est un cas typique de mobbing.» Curieusement, si le sous-directeur est épinglé, le directeur ne l’est pas. Selon nos informations, ce dernier n’aurait pas bougé une oreille et serait resté en dehors de l’affaire. Certains n’hésitent d’ailleurs pas à qualifier le personnage de «passif».

Les récriminations du personnel remontent à novembre 2012. Les gardiens alertent alors leurs syndicats, la direction de l’Office cantonal de la détention (OCD) et le Département de la sécurité (DS) dirigé par Pierre Maudet. «Il n’y a pas eu de réaction du magistrat, poursuit l’avocat. Mes clients ont donc saisi le Groupe de confiance.» Celui-ci, nommé par l’Etat, est constitué d’employés du service public et de personnes de la société civile chargés de vérifier si les accusations portées par des fonctionnaires sont ou non fondées.

Mi-mars, ce fameux Groupe de confiance atteste de la véracité des accusations portées par les gardiens contre leur supérieur. «Ce rapport aurait dû faire réagir l’OCD ou le DS afin que les choses bougent, ajoute Jacques Roulet. Au lieu de cela, mes clients ont été convoqués par l’auteur des actes qu’ils incriminent. Cette démarche est purement surréaliste!»

Pour l’avocat, les graves erreurs commises sont lourdes de conséquences et justifient le dépôt d’une plainte pénale. «Ça ne peut pas durer, dit-il. Pierre Maudet doit prendre ses responsabilités et des mesures qui se justifient à l’égard du sous-directeur de la Brénaz.»

Du côté de l’Etat, on conteste les accusations de laxisme. «Nous avons rapidement pris la situation en main, rétorque Bruno Giovanola, secrétaire général du DS. La personne concernée a reconnu avoir tenu des propos inadéquats.» Le haut fonctionnaire relève que le département prendra toutes les mesures qu’impose la situation. Pour autant, il maintient sa confiance en son collaborateur, «mais cette personne sera déplacée dans un autre service», ajoute-t-il. Le personnel a été informé de ces éléments.» Une procédure étant engagée, Bruno Giovanola n’en dira pas davantage.

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