Suisse: Les gays donneront leur sang dès le 1er juillet
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SuisseLes gays donneront leur sang dès le 1er juillet

Swissmedics a approuvé la demande soumise en juillet 2016 par Transfusion CRS Suisse.

Les hommes homosexuels devront avoir été abstinents durant 12 mois. (Photo d'illustration)

Les hommes homosexuels devront avoir été abstinents durant 12 mois. (Photo d'illustration)

Keystone

Dès le 1er juillet, il ne sera plus systématiquement interdit aux homosexuels de donner leur sang. Swissmedics a approuvé la demande soumise en juillet 2016 par Transfusion CRS Suisse, en posant toutefois certaines conditions.

Ce feu vert délivré par Swissmedic, autorité suisse de contrôle et d'autorisation des produits thérapeutiques, met fin à une interdiction qui existait depuis 1977, en raison des risques de transmission du sida.

«En raison de l'amélioration de la sensibilité des tests et du respect des critères d'aptitude au don, les innovations n'élèveraient pas le risque pour les receveurs de transfusion sanguine», lit-on mardi dans la dernière feuille d'informations de Transfusion CRS Suisse.

Abstinence de 12 mois

Première condition posée par Swissmedics, les hommes homosexuels devront avoir été abstinents durant 12 mois. La suspension de 12 mois correspond aux mesures préventives qui s'appliquent pour d'autres comportements à risque, comme les changements de partenaires ou le séjour dans des pays avec un fort taux de prévalence du sida, précise le communiqué.

En outre, une surveillance permanente de la nouvelle évaluation des risques est demandée, ainsi qu'une évaluation du risque posé par les personnes échouant aux tests. Enfin, un rapport sur les effets des nouveaux critères d'aptitude au don des homosexuels doit être établi annuellement.

«Solution provisoire»

«Loin d'être parfaite, cette solution marque néanmoins un premier changement par rapport à une réglementation discriminatoire», a estimé dans un autre communiqué le directeur et président de la Direction Transfusion de la Croix-Rouge suisse, Dr Rudolf Schwabe. Cette solution ne peut qu'être provisoire, estime la société autonome d'utilité publique rattachée à la Croix-Rouge suisse, car elle est de toute évidence inapplicable à de nombreux homosexuels.

«Dans un deuxième temps, il conviendrait de se fonder sur le comportement personnel effectif et non plus sur l'orientation sexuelle», plaide Rudolf Schwabe, directeur de Transfusion CRS Suisse, cité dans la lettre d'informations. A long terme, l'objectif est une évaluation différenciée du comportement à risque pour tous les donneurs de sang.

La France et les Etats-Unis avaient pris une décision similaire en 2015, dans la foulée de pays comme l'Australie et le Japon. L'interdiction a aussi été levée en novembre 2011 en Angleterre, en Ecosse et au Pays de Galles.

Approvisionnement menacé

La consommation de sang dans les hôpitaux publics de Suisse a diminué de 3% en 2016. La tendance observée ces dernières années se poursuit donc: depuis 2013, la baisse cumulée est d'environ 20%, selon Transfusion CRS Suisse.

Mais l'épidémie de grippe actuelle, plus virulente et précoce que l'année dernière, entrave l'approvisionnement, particulièrement en sang de rhésus négatif. Bien que les stocks soient remplis, la situation demeure tendue. Transfusion CRS Suisse envisage de lancer prochainement un appel national au don de sang.

Cellules souches de sang

Parmi les bonnes nouvelles à relever, le registre des donneurs de cellules souches du sang s'est étoffé de près d'un tiers (31%) l'année dernière, après une croissance de 39% en 2015. A fin 2016, il comptait 103'000 donneurs potentiels.

(ats)

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