02.08.2020 à 13:40

Pandémie«Les gens réfléchiront à deux fois avant de partir»

La crise de la Covid-19 bouleverse l’industrie et, très probablement, pour longtemps: des experts nous expliquent pourquoi les choses ne reviendront probablement pas comme avant.

Une page bondée dans le sud de la France.

Une page bondée dans le sud de la France.

AFP

Porter le masque à la plage, renoncer aux fêtes durant les nuits tropicales, se mettre en quarantaine au retour des vacances: pour beaucoup, la parenthèse enchantée est à conjuguer au passé. La crise de la Covid-19 bouleverse l’industrie du tourisme.

L’explosion du tourisme ces 50 dernières années est le résultat du boom de l’économie et de l’industrialisation, rappelle Valentin Groebner de l’Université de Lucerne. Son essor reflète la relation entre les revenus disponibles et la réduction des coûts pour parcourir de longues distances.

Les vacances offrent aussi une parenthèse dans le statut social: pendant trois semaines, le touriste dépense sans compter débarrassé de ses soucis, poursuit M. Groebner dans un entretien à Keystone-ATS. Les vacances sont «une sorte de jeu social».

Dernière utopie

Les vacances représentent selon l’historien la «dernière utopie individuelle en ce début de XXIe siècle». Pour lui, il est illusoire de penser que cette industrie est susceptible de changer en profondeur les 1 milliard 500 millions de touristes partis découvrir de nouveaux horizons l’an dernier. Car le tourisme est avant tout une industrie de services extrêmement innovante qui combat en permanence la lassitude de ses clients par de nouvelles offres. Cette capacité d’innovation existe depuis 150 ans. Aujourd’hui, cette «industrie de la mauvaise conscience» se plaint de la destruction des sites authentiques et idylliques. Mais c’est la même qui développe des modèles alternatifs, écologiques et durables, selon M. Groebner.

«Voyager était déjà bien avant l’arrivée du Covid-19 une affaire très postromantique», selon l’expert. Les pandémies ont cependant toujours été un moteur pour trouver un nouveau moyen de se projeter sous d’autres latitudes.

La rupture du Covid

Aujourd’hui, la propagation hyperrapide et imprévisible du coronavirus pourrait cependant ébranler durablement le secteur et chasser l’insouciance qui caractérisait jadis nos voyages. La crise ouvre en tout cas une nouvelle réflexion.

Passer ses vacances dans son propre pays, pouvoir compter sur un système de santé efficace, limiter ses déplacements et compter sur un budget limité du fait d’une possible récession: ce sont autant de nouvelles pistes qui s’imposent.

Christian Laesser, professeur à la Haute Ecole de St-Gall et expert du tourisme, estime que la crise du Covid n’est que temporaire, même si elle pourrait se prolonger durant un temps indéterminé. Un redimensionnement de la branche du tourisme lui paraît cependant inévitable, du fait de l’absence des Chinois et des Indiens même compensée par les Européens.

Moins d’argent à l’avenir

L’économiste met aussi en garde contre une récession qui pourrait frapper l’industrie touristique suisse. Le rôle de l’État est important dans ces moments-là, selon lui. La crise devrait assainir les structures mais être aussi l’occasion d’innover.

À l’avenir, il y aura tendanciellement moins d’argent disponible pour les voyages, prévoit M. Laesser. Les jeunes font en effet l’expérience d’une deuxième crise après celle de la finance en 2008. Et ils devront composer avec des emplois plus précaires et une insécurité financière plus grande.

«Les gens réfléchiront à deux fois avant de partir découvrir le monde. Certains ne pourront simplement plus se permettre les voyages», pronostique Christian Laesser.

(ATS)

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22 commentaires
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Julien

03.08.2020 à 19:17

Des masques à la plages??? A bon dans quel pays???? Dans aucunes plages en Europe y’a besoin porter un masque à la plage!!!!!!!

BUCO

03.08.2020 à 09:15

«Les gens réfléchiront à deux fois avant de partir». Cela obéit finalement à la plus élémentaire des logiques car, face au doute, ayons la sagesse de renoncer à prendre tout risque quel qu'il soit

Pierrot

02.08.2020 à 16:39

Le problème c'est que la commune de Chaux-de-Fonds est criblé de dettes et que son budget à besoin d'entrée fiscale, elle ne peut pas se permettre de faire de tels cadeaux, pas étonnant que la ville se vide...