Bras de fer: Les grévistes priés de se dénoncer!
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Bras de ferLes grévistes priés de se dénoncer!

Huit mois après, les TPG courent toujours après les grévistes du 19 novembre. Les syndicats font barrage!

par
Eric Felley
Le 19 novembre 2014, les grévistes ont bloqué les TPG. Le 3 décembre, ils ont obtenu des garanties pour l’emploi.

Le 19 novembre 2014, les grévistes ont bloqué les TPG. Le 3 décembre, ils ont obtenu des garanties pour l’emploi.

Laurent Guiraud

La grève spectaculaire aux Transports publics genevois (TPG) du 19 novembre dernier n’a pas fini de faire des vagues. Dans une circulaire datée du 9 juillet, les TPG demandent aux grévistes de se dénoncer. Il s’agit de régler, cette année encore, le préjudice estimé 175'000?francs. Le 19 novembre, à l’appel du Syndicat du personnel des transports (SEV), les chauffeurs des TPG se sont mis en grève pour protester contre la suppression de plus de 100 emplois que prévoyait le contrat de prestation 2015-2018. Les autorités genevoises estiment alors que les TPG doivent assurer un service minimum. Mais tout est bloqué par les grévistes. L’ASIP et Transfair - les deux autres syndicats actifs de la régie - rejoignent alors la grève.

Notés au stabilo

Ce jour-là, sur les lieux de travail, des listes sont annotées au stabilo pour distinguer les grévistes (rose) des non-grévistes (vert). Selon le directeur des Ressources humaines des TPG, Nicolas Charbonnier, 529 grévistes ont pu être clairement identifiés. Le syndicat a contesté ces chiffres. Notamment parce qu’ils ne resterait aujourd’hui que des copies en noir et blanc, rendant impossible le décompte...

Les syndicats ont alors proposé que tous les employés – grévistes ou non – fassent une heure de travail supplémentaire gratuite pour solde de tout compte, puisque finalement tout le monde a profité des garanties obtenues par la grève. Les TPG ont refusé: «Nous sommes ouverts à ce que le paiement de la grève s’effectue par le biais d’heures supplémentaires, admet Nicolas Charbonnier, mais pas pour tout le monde, sinon cela créerait une autre iniquité.» La circulaire a dont été envoyée aux 1900 employés avec un formulaire à remplir d’ici le 14 août. Ceux qui ne le font pas auront de fait le «statut de gréviste».

Une «provocation»

Le 13 juillet les trois syndicats ont riposté en dénonçant une «provocation» et enjoignant le personnel à ne pas répondre. Pour la secrétaire du SEV, Valérie Solano, cette manière de faire est choquante: «D’abord, c’est extrêmement tardif, ensuite le courrier est envoyé à tout le monde et ne tient pas compte des gens qui n’étaient pas en service, malade ou en congé. Cette lettre affole beaucoup de gens. On sent de la colère, en plus beaucoup travaillent en ce moment dans des conditions difficiles avec des travaux partout et la chaleur.»

Mais Nicolas Charbonnier n’en démord pas: «Les syndicats nous disent que nos listes ne reflètent pas la réalité des grévistes. Avec le formulaire que nous avons envoyé, nous aurons une liste correctement établie. Il s’agit de responsabiliser chacun et mettre de l’ordre. On ne conteste pas le droit de grève, mais elle doit être remboursée, c’est une exigence de l’Etat.»

Il faudra attendre la fin août pour savoir si cette stratégie a été payante.

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