23.09.2015 à 14:31

SantéLes hausses de primes «pas près de s'arrêter»

Santésuisse s'alarme de la progression constante des coûts de la santé, prévoyant un avenir sombre marqué par des augmentations de cotisations.

Verena Nold, directrice de santésuisse.

Verena Nold, directrice de santésuisse.

ARCHIVES, Keystone

A la veille de la présentation annuelle des primes de l'assurance maladie par Alain Berset et l'OFSP, santésuisse a rendu publique mercredi une analyse des coûts de la santé entre 2005 et 2014. Selon la faîtière des assureurs maladie, la plus forte croissance des coûts concerne les prestations ambulatoires fournies dans les hôpitaux (66%) et les médecins en pratique privée (34%).

Durant ces dix dernières années, les soins hospitaliers stationnaires affichent également une croissance de 20%, précise santésuisse dans un communiqué. L'association faîtière des assureurs maladie explique cette constante évolution à la hausse par l'introduction du nouveau régime de financement des hôpitaux dans un premier temps, puis par l'explosion des prestations inutiles ou insuffisantes.

Elle préconise un assouplissement de l'obligation de contracter et une amélioration de la qualité au niveau ambulatoire. «Les fournisseurs de prestations ambulatoires doivent mesurer la qualité de leur offre et publier les résultats de ces mesures, comme c'est déjà le cas pour les hôpitaux en soins stationnaires.» a déclaré la directrice de santésuisse, Verena Nold, en conférence de presse à Berne.

Coûts et frais

Santésuisse estime que cette croissance excessive et ininterrompue menace à long terme les acquis de l'assurance maladie sociale. En effet, la population doit consacrer une part croissante de ses revenus pour la financer.

L'association rappelle que les primes ne sont que le reflet des coûts des prestations des médecins, des hôpitaux, des médicaments, des physiothérapeutes, des soins à domicile, etc. Depuis plusieurs années, les frais administratifs des assureurs représentent 5% des coûts à charge de l'assurance obligatoire des soins, assure santésuisse. La part étant stable, les frais administratifs ont donc évolué dans une même mesure que les coûts.

Des milliards en jeu

Les prestations brutes, y compris les participations aux coûts, se sont élevées à 28,7 milliards en 2014 pour 8,2 millions d'assurés. Sur une base de 5%, les frais administratifs des assureurs s'élevaient ainsi à 1,43 milliard en 2014.

«Cette évolution des primes et des coûts à la hausse n'est pas près de s'arrêter» a averti Verena Nold. Une analyse de l'évolution par personne assurée sur le premier semestre 2015 par rapport à l'année précédente montre une augmentation de 4,6%.

Santésuisse prévoit un avenir sombre et les primes risquent encore d'augmenter ces prochaines années. «Le vieillissement de la population et ses conséquences sont encore devant nous», a pronostiqué Verena Nold.

Disparités

Les disparités cantonales sont flagrantes et le clivage ville/campagne fort. Les cantons urbains, qui abritent les hôpitaux universitaires, arrivent en tête des coûts. De plus, selon santésuisse, les dépenses sont plus importantes en Suisse romande qu'en Suisse alémanique.

Visé par santésuisse, H Les Hôpitaux de Suisse a aussitôt réagi. Selon la faîtère des hôpitaux, l'augmentation des coûts des prestations ambulatoires s'explique par l'évolution démographique et le vieillissement de la population. Autre raison invoquée par H : les progrès médicaux et le transfert de prestations du domaine stationnaire au domaine ambulatoire.

(ats)

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