Valais - Les Haut-Valaisans seraient favorables à un demi-canton!
Publié

ValaisLes Haut-Valaisans seraient favorables à un demi-canton!

Selon un sondage réalisé par le «Walliser Bote», une majorité serait pour se séparer du Valais francophone.

par
Eric Felley
La fierté du Haut-Valais: le château Stockalper à Brigue, construit au XVIIe siècle par le marchand Gaspard Stockalper.

La fierté du Haut-Valais: le château Stockalper à Brigue, construit au XVIIe siècle par le marchand Gaspard Stockalper.

Valais tourisme

Selon un sondage en ligne que vient de réaliser le «Walliser Bote» auprès de 800 personnes dans le Haut-Valais, 47% des sondés sont favorables à un demi-canton germanophone, 10% plutôt pour, 43% y sont opposés ou plutôt opposés. Si ce sondage n’est pas strictement représentatif, il donne cependant une indication sur l’état de l’opinion haut-valaisanne sur une question qui revient régulièrement en Valais.

Armin Bregy, rédacteur en chef du Walliser Bote, s’en inquiète dans «Le Nouvelliste»: «La minorité linguistique se sent souvent incomprise par la majorité, explique-t-il. Elle lutte contre la diminution de son influence politique. Elle se sent de plus en plus marginalisée alors qu’elle est de plus en plus attirée par l’axe Spiez, Thoune, Berne grâce à une liaison ferroviaire rapide et une même langue parlée de l’autre côté du Lötschberg».

Une région qui se remplit et se vide

Mais pour le journaliste, c’est la croissance démographique du Haut-Valais qui est sous-jacente à cette situation, car elle stagne contrairement à la population du Bas-Valais. En 10 ans, le Haut-Valais est passé de 80 835 à 83 781 habitant(e)s «soit une augmentation modeste de 2946 personnes». Il constate aussi un phénomène de va-et-vient important. Ces dernières années, 10 000 personnes sont venues vivre dans le Haut-Valais, mais 9416 autres ont fait le chemin inverse et ont quitté la région: «Le fait que cette émigration soit si élevée, malgré le boom économique relevé ces derniers jours par tous les médias du pays, est à la fois étonnant et inquiétant», relève-t-il.

La création de demi-canton en Valais est un sujet de débat récurrent, mais qui s’arrête généralement à la discussion, sans qu’il y ait une initiative formelle d’un parti ou d’un groupement. Il y a quelques années, Josef-Anton Kuonen, secrétaire de la région économique de Brigue/Aletsch, déclarait qu’il serait «immédiatement disposé» à créer deux demi-cantons: «À part l’évêque, le Rhône et l’histoire, nous n’avons que très peu de choses en commun», estimait-il.

Cela dit, personne n’ose faire le pas. Dans les discussions actuelles pour la nouvelle Constitution valaisanne, les membres de la Constituante ont écarté d’emblée tout partage du canton en deux entités administratives au nom de l’unité cantonale. Seule voix divergente, le sociologue Gabriel Bender ne manque pas une occasion de plaider pour une séparation à l’amiable: «La pire chose dans la vie, c’est le déni, expliquait-il récemment dans «Le Temps». Or, le canton n’a toujours pas compris que la diversité est bien mieux que l’unité. Il faut valoriser cette diversité qui est un avantage.» Et le sociologue d’ajouter: «Pour marcher, j’utilise mes deux pieds, le droit et le gauche. Pourquoi devrais-je mettre les deux dans la même chaussure?»

Votre opinion

68 commentaires