Neuchâtel: Les hêtres sont devenus des dangers pour les joggeurs
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NeuchâtelLes hêtres sont devenus des dangers pour les joggeurs

Aux portes de la ville, la mort des forêts menace les promeneurs et les sportifs.

par
lematin.ch
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Au Chanet, à Neuchâtel, les hêtres dépérissent.

Au Chanet, à Neuchâtel, les hêtres dépérissent.

SP-Ville de Neuchâtel
La conseillère communale Christine Gaillard et l'ingénieur forestier Jan Boni guident la presse neuchâteloise.

La conseillère communale Christine Gaillard et l'ingénieur forestier Jan Boni guident la presse neuchâteloise.

V.Dé
L'ingénieur et la politicienne font le même constat, dans un écosystème bouleversé.

L'ingénieur et la politicienne font le même constat, dans un écosystème bouleversé.

V.Dé

Son jogging, à Neuchâtel, la conseillère communale Christine Gaillard le pratique dans son quartier, au Chanet. Sa réflexion est politique autant qu'écologique: «La forêt, ce n'est pas un assemblage d'arbres, c'est un être vivant complexe». Un être et un hêtre, une essence qui est la mère de la forêt aux yeux de Jan Boni, ingénieur forestier.

Quand elle lève les yeux au ciel, Christine Gaillard voit la cime des hêtres dépérir. Une catastrophe mesurée à Neuchâtel, où des interventions sylvicoles ont permis d'éviter le dépérissement de massifs entiers.

38 degrés

Pour Christine Gaillard, la température de 38 degrés enregistrée cet été dépasse le pire scénario catastrophe, avec une augmentation moyenne de 2 degrés en 100 ans. «La forêt change à vue d'oeil», dit-elle en distillant ce conseil: «Si vous aimez la forêt, faites attention à votre empreinte écologique».

Conséquence du réchauffement et de la sécheresse, les hêtres, mais aussi les sapins et les épicéas dépérissent à Chaumont, au Chanet et à Puits-Godet. Comme en Ajoie, la sécurité des promeneurs prime à Neuchâtel «sans toutefois devoir fermer les sentiers».

Différente en 2050

«En 2050, la forêt de Chaumont sera sans doute très différente de ce qu’elle est aujourd’hui. On y verra davantage de jeunes chênes, de tilleuls et d’érables, ce sera une forêt de feuillus», prévient la conseillère communale Christine Gaillard, directrice de l’environnement.

Sur le territoire communal, 2 000 arbres seront coupés, soit l'équivalent pour les fans de foot de 15 fois la surface du stade de la Maladière.

«Certaines futaies ont dépéri à vue d’œil», disent les ingénieurs neuchâtelois, comme leurs homologues jurassiens et vaudois. À Puits-Godet, une intervention d’urgence a été effectuée aux abords de la piste finlandaise déjà à la fin août.

Jamais vu

«De toute ma carrière, je n’ai jamais vu une dégradation aussi rapide. Des hêtres encore sains au printemps étaient secs à la mi-août», relate l’ingénieur forestier Jan Boni.

La voie est libre pour les parasites: «Les arbres qui manquent d’eau subissent un stress qui les rend vulnérables aux insectes et aux champignons. L’épicéa est particulièrement atteint par le bostryche typographe», explique le chef du service des forêts.

La ville est proche, mais son influence est insignifiante en terme de pollution: «Le CO2 se dilue rapidement dans l'atmosphère, si bien qu'un chalet d'alpage est autant impacté qu'une bretelle d'autoroute», indique Jan Boni.

Vincent Donzé

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