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SécuritéLes hommes ciblés par une campagne sur l’hygiène culinaire

Au détour des vidéos illustrant les 4 règles d'or pour une hygiène culinaire irréprochable, découvrez comment une campagne vise à sensibiliser les hommes sur les affections d'origine alimentaire.

par
Kalina Anguelova avec l'ATS

«Vous êtes chauds?», interroge subtilement la vidéo - la première d'une série de quatre rappelant les règles d'or (voir ci-dessous) pour une hygiène culinaire irréprochable.

Elle s'inscrit danns le cadre de la nouvelle et très sérieuse campagne «Savourer en sécurité» de l'Office fédéral de la sécurité alimentaire (OSAV) qui vise les jeunes hommes. Pourtant, il est difficile de garder son sérieux face à cette question sur fond d'image qui laisse songeur: deux œufs dans une poêle. Le hic: le jaune a laissé la place à un amas couleur chaire (dont on vous laissera juger de la subtilité) qui en réalité est de la viande hachée de poulet. Pourquoi donc cette mutation visuelle? Et bien, parce que la viande de volaille est à la source de nombreuses infections si elle n'est pas manipulée avec précaution. Et parmi les toxi-infections alimentaires les plus fréquentes figurent la campylobactériose, une maladie diarrhéique, qui survient le plus souvent chez les jeunes hommes de 18 à 30 ans (lire ci-contre).

Détrompez-vous donc, l'image ne se veut pas suggestive. «C'est un choix purement artistique», nous rassure une employée du département de la communication de l'OSAV.

Le pôle de compétence de la Confédération n'a pas non plus voulu faire dans le sexisme. «L'Ecole polytechnique fédérale de Zurich et l'Office fédérale de la santé publique ont montré que les jeunes hommes sont plus touchés par les Campylobacter. On a pas vraiment les raisons exactes, mais on pense qu'ils sont plus lestes sur l'hygiène en cuisine. Par exemple, ils aiment davantage faire des grillades que les femmes et s'occupent le plus souvent de préparer le gril. Mais, ils ne séparent pas les aliments cuits des non cuits. Une règle d'or.» Ah bon? «Oui, il a été prouvé que les jeunes hommes quittant la maison familiale ont un plus grand manque de connaissance des règles d’hygiène à respecter en cuisine que les femmes.»

Les quatre mesures d'hygiène permettant d'éviter la campylobactériose, d'autres infections alimentaires, mais aussi la transmission de germes résistants aux antibiotiques:

1. Bien cuire les aliments

2. Séparer les denrées

3. Les laver soigneusement

4. Assurer une réfrigération adéquate

La volaille, source de nombreuses infections

Une bonne manipulation de la viande de volaille, à la source de nombreuses infections, est particulièrement cruciale, relève l'OSAV. Ce type de denrée devrait toujours être chauffé à une température d'au moins 70 degrés jusqu'au cœur, les bactéries étant également présentes à l'intérieur de la viande.

La volaille ne devrait être servie que quand la viande se détache de l'os et ne présente plus de zone «vitreuse». Pour une sécurité maximale, il faudrait contrôler la température interne des grosses pièces à l'aide d'un thermomètre à viande.

Les bactéries se transmettent aussi facilement de la viande aux ustensiles de cuisine, aux mains et aux autres denrées alimentaires. La viande de volaille crue ne devrait donc pas entrer en contact avec d'autres aliments et être préparée séparément. Idéalement, il faudrait utiliser des planches et des couteaux distincts pour la viande et pour d'autres denrées comme les légumes et les fruits.

En finir avec la campylobactériose, une maladie diarrhéique

Quelque 10'000 cas d'affections d'origine alimentaire sont rapportés chaque année. Mais selon l'OSAV, le nombre de cas réel est plus élevé. Une grande partie des personnes atteintes de diarrhée ne se rendent en effet pas chez le médecin.

Les cas les plus nombreux (entre 7000 et 8000) sont causés par des bactéries de type Campylobacter. Ainsi les campylobactérioses engendrent à elles seules des frais directs de 10 millions de francs par an (dans l’ensemble, les toxi-infections alimentaires engendrent des coûts pouvant atteindre 50 millions de francs par an), selon une nouvelle étude de l’Institut tropical et de santé publique suisse.

Elles provoquent une diarrhée parfois mêlée de sang ou de mucus, des douleurs abdominales, de la fièvre et éventuellement des vomissements et surviennent après deux à cinq jours. Le patient se remet en une à deux semaines. Des rechutes sont toutefois possibles.

Rarement, des complications, comme l'apparition de paralysies, peuvent survenir. 15% des affections nécessitent une hospitalisation.

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