Actualisé 23.06.2016 à 11:53

SuisseLes hôpitaux bien notés devraient être récompensés

Un sondage montre également que la transparence d'un établissement est importante pour les patients suisses

Quelque 82% des personnes interrogées souhaitent connaître les données sur la qualité avant de se décider pour un hôpital.

Quelque 82% des personnes interrogées souhaitent connaître les données sur la qualité avant de se décider pour un hôpital.

Une majorité (62%) des Suisses estime que les hôpitaux de bonne qualité devraient être récompensés financièrement par les pouvoirs publics. La transparence dans le domaine reste importante à leurs yeux, selon le Moniteur de la santé 2016. Par ailleurs, le soutien à la prise en charge des traitements contre le sida ou le stress s'érode.

Pour la première fois, une majorité de 62% ( 21 points par rapport à l'an dernier) est d'avis que les pouvoirs publics devraient récompenser financièrement les hôpitaux de bonne qualité et pénaliser les mauvais. Les opinions à ce sujet sont toutefois ambivalentes: 59% craignent que la transparence ne prête à confusion, tous les hôpitaux étant jugés de bonne qualité.

Quelque 82% des personnes interrogées souhaitent connaître les données sur la qualité avant de se décider pour un hôpital. Trois personnes sur quatre estiment que l'accès du public aux données sur la qualité améliore la qualité des traitements dans les hôpitaux, révèle le sondage annuel de l'institut gfs publié jeudi.

La proposition que les caisses maladie ne prennent en charge que les traitements dispensés dans les hôpitaux de grande qualité n'est pas majoritaire (46%). Mais cette idée est largement mieux acceptée que l'an dernier par les votants ( 15 points).

La densité de médecins fait aussi débat. Elle est vue de manière plus ou moins critique selon les régions, d'après gfs. La moitié des personnes interrogées pense qu'il y a trop de cabinets médicaux en Suisse, l'autre moitié n'est pas d'accord. Une majorité de 60% pense aussi que les primes des caisses maladie augmentent avec le nombre de praticiens.

Sida, stress et héroïne

Concernant les prestations des caisses maladie, une majorité (59%) approuve le catalogue de l'assurance de base. Mais il y a une tendance vers un refus d'étendre ces prestations, note gfs: seuls 29% sont en faveur d'une extension du catalogue, contre 39% il y a deux ans.

Le soutien à la prise en charge de certains traitements par les caisses est par ailleurs en net recul en 2016: ceux contre le sida recueillent 55% d'approbation, soit 18 points de moins qu'en 2015, le taux le plus bas depuis que le Moniteur le mesure. Même tendance à la baisse pour le soutien à la prise en charge des traitements pour des problèmes dus au stress (57%, -14 points).

La prise de conscience vis-à-vis des coûts se manifeste dans les prestations dont la personne devrait s'acquitter elle-même, poursuit gfs. Il n'y a ainsi plus de majorité pour la prise en charge de la remise d'héroïne sur ordonnance du médecin et du traitement de la toxicomanie (38% dans les deux cas).

Cette tendance a augmenté dans tous les camps politiques, précise gfs. Seules les personnes non liées à un parti se prononcent majoritairement pour une prise en charge par les caisses.

L'interprétation des causes de l'augmentation des primes a en revanche un peu changé. Les caisses maladie et les frais administratifs (17%) sont en tête, suivis du manque d'efficacité dans le secteur de la santé (12%). Viennent ensuite les pharmacies (9%, seul pourcentage en hausse), les personnes âgées (9%), les simulateurs et les hôpitaux (7%).

Satisfaits

Dans l'ensemble, la qualité du système de santé suisse recueille 75% d'opinions positives. La LAMal, introduite en 1996, fait encore mieux et reçoit 81% d'avis favorables, pas loin du record de l'an dernier (82%). L'approbation de la loi sur l'assurance-maladie se confirme année après année, selon gfs.

Le Moniteur de la santé a été réalisé pour la 19e fois depuis l'introduction de la LAMal. L'institut gfs a interrogé 1210 citoyens de toute la Suisse entre le 7 mars et le 8 avril 2016. Ce sondage a été réalisé sur mandat de l'association des entreprises pharmaceutiques Interpharma.

(ats)

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