Coronavirus - Les hôpitaux romands à nouveau sous pression
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CoronavirusLes hôpitaux romands à nouveau sous pression

Selon les chiffres publiés ce mardi par la Confédération, 97% des lits en soins intensifs sont occupés dans les cantons de Vaud, de Genève et du Valais.

Virginie Masserey, cheffe de la section Contrôle de l’infection et programme de vaccination à l’OFSP.

Virginie Masserey, cheffe de la section Contrôle de l’infection et programme de vaccination à l’OFSP.

20min/Simon

Le nombre d’infections au Covid-19 en Suisse a atteint le pic de la fin de l’année dernière, a indiqué mardi l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) devant les médias à Berne. La Suisse a enregistré ces dernières 24 heures plus de 9500 cas 125 hospitalisations et 28 décès. Le taux d’occupation des unités de soins intensifs (USI) est de 80%.

Virginie Masserey, cheffe de la section Contrôle de l’infection et programme de vaccination à l’OFSP, a toutefois noté que les hospitalisations et les décès suivaient une courbe moins marquée. «Les hospitalisations augmentent plus lentement que les infections, on est au tiers du pic de la vague de l’année passée. Quant à la hausse des décès, «nous sommes bien plus bas que le pic de la deuxième vague», a commenté la responsable. Cette différence s’explique par l’efficacité des vaccins pour prévenir les cas graves, a répété Virginie Masserey.

Mais la pression sur les USI est toujours plus forte dans les hôpitaux, a pour sa part affirmé Andreas Stettbacher, mandataire du Conseil fédéral pour le Service sanitaire coordonné. Selon les chiffres présentés, les hôpitaux les plus occupés sont ceux de la région lémanique (Vaud, Valais, Genève), à 97% et de Zurich, à 90%. En Suisse romande, les unités de soins intensifs sont occupées à 40% par des patients Covid.

L’occupation des unités de soins intensifs en Suisse ce mardi.

L’occupation des unités de soins intensifs en Suisse ce mardi.

Capture d’écran OFSP

Les chiffres articulés par Andreas Stettbacher montrent que, mardi matin à 8 heures, la Suisse comptait 167 lits libres en soins intensifs. Dans tout le pays, il y a actuellement 23 hôpitaux qui n’ont plus du tout de lits de soins intensifs à disposition. Dans les hôpitaux de Suisse orientale, les unités de soins intensifs sont occupées à 75%.

Différence de données

Les données présentées par Andreas Stettbacher ne correspondent pourtant pas à celles publiées sur le site de l’OFSP. Le tableau de bord indique par exemple un taux d’occupation des USI d’environ 73% dans le canton de Genève.

Andreas Stettbacher a expliqué que les données transmises par les hôpitaux pouvaient changer en quelques heures et donc qu’il était possible qu’il existe des différences entre le tableau disponible sur le site de l’OFSP et les chiffres articulés. Ces différences sont enregistrées, selon le responsable, dans un délai d’un jour environ.

Mesures insuffisantes

Au vu de la situation, l’OFSP indique que l’idéal serait de faire redescendre le taux de reproduction Re à 0,8 (alors qu’il est actuellement à 1,2). Les spécialistes appellent encore une fois à la vaccination, au respect des gestes barrières et à porter un masque.

Mais selon Urs Karrer, vice-président de la Task Force Covid-19, les mesures actuellement en vigueur en Suisse ne seront pas suffisantes. «D’un point de vue scientifique, nous avons des doutes», a-t-il admis. «L’Autriche a atteint une valeur Re de 0,8 grâce à des mesures beaucoup plus sévères. Il faudra sans doute bientôt réévaluer les mesures en Suisse.»

3,6% d’Omicron

Le variant Omicron correspond à 3,6% des variants observés dans les laboratoires ces sept derniers jours, a indiqué l’OFSP mardi sur son site. C’est la première fois que de tels chiffres sur Omicron sont fournis en Suisse. Le variant Delta reste largement majoritaire avec plus de 96% des cas. Le mystère sur la dangerosité de ce nouveau variant reste quasi entier à l’heure actuelle. «Il y en a en Suisse, assez peu, mais on s’attend à ce qu’il augmente, c’est inévitable», a déclaré Virginie Masserey. On manque encore d’informations sur les caractéristiques de ce virus. On sait qu’il est très contagieux et qu’il comporte plusieurs mutations qui font craindre que la protection immunitaire conférée par l’infection et par le vaccin soit moins bonne. Mais il nous faut encore plus de temps pour savoir s’il est plus virulent.»

(jba)

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