Crise: Les HUG harcelés sur l'état de santé de Bouteflika

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CriseLes HUG harcelés sur l'état de santé de Bouteflika

Après que les médias ont révélé que le président candidat était bel et bien à Genève, les réseaux sociaux s'agitent pour faire le siège de l'hôpital.

par
E.F.
Convaincus que leur président, candidat pour la cinquième fois, se trouve aux HUG, ses opposants en Algérie se sont donnés le mot pour faire pression sur l'établissement en Suisse.

Convaincus que leur président, candidat pour la cinquième fois, se trouve aux HUG, ses opposants en Algérie se sont donnés le mot pour faire pression sur l'établissement en Suisse.

Keystone

Lundi soir, l'émission «Quotidien», diffusée sur la chaîne française «TMC», a diffusé le reportage d'un de ses envoyés spéciaux qui a réussi à s'introduire dans l'enceinte des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG). Une brève image du frère du président Bouteflika, Nacer Bouteflika, a été captée par le journaliste, qui filmait à l'aide d'un téléphone portable caché.

Un peu de dérision

Depuis, certains Algériens ont décidé de lancer une opération sur les réseaux sociaux pour obliger la direction des HUG à communiquer sur l'état de santé d'Abdelaziz Bouteflika. «Il faut les harceler!» s'exclame un internaute cité sur le site «Jeune Afrique».

Lancé comme une plaisanterie, le mouvement a pris. Certains ont largement diffusé les numéros des HUG. Untel propose même d'euthanasier le président, en faisait allusion à Exit, une «pratique légale en Suisse». Il veut déposer sa demande avec «une dérogation signée par 40 millions de personnes». Une autre initiative appelle à un départ collectif en covoiturage de Paris à Genève, dimanche, pour organiser un rassemblement devant les HUG.

Un message sur les réseaux sociaux donne les coordonnées des HUG pour faire pression et avoir des informations sur l'état de santé du candidat. En vain.

Un message sur les réseaux sociaux donne les coordonnées des HUG pour faire pression et avoir des informations sur l'état de santé du candidat. En vain.

L'hôpital ne confirme pas aux appelants la présence d'Abdelaziz Bouteflika dans ses locaux. Un Algérien, qui a partagé dans la soirée du lundi 4 mars l'enregistrement de son appel téléphonique, a eu pour tout commentaire de l'agente de permanence: «Je ne vois pas le nom de Monsieur Bouteflika sur le registre des patients».

Pas d'information sur les patients

Les HUG ont réagi sur Facebook en rappelant: «En réponse aux messages reçus, les Hôpitaux universitaires de Genève rappellent que leur unique mission est de soigner toute personne le nécessitant quel que soit son statut. Ils ne communiquent jamais sur l'état de santé de leurs patients. Seul le patient, ou une personne habilitée par lui, peut donner des informations. Nous vous remercions de respecter la déontologie et les valeurs universelles partagées par celles et ceux qui soignent.»

Certains ont publié aussi des messages contenant l'adresse courriel et le numéro de téléphone du médecin chef du service neurologie des HUG pour que les internautes le contactent lui directement.

Certificat de complaisance en Suisse?

«Nous ne comptons pas nous arrêter là, explique un internaute à «Jeune Afrique». Nous avons contacté nos amis suisses pour qu'ils étudient la possibilité d'un dépôt de plainte contre ce médecin pour certificat de complaisance.» La législation algérienne oblige un candidat à l'élection présidentielle de produire un certificat médical attestant de sa bonne santé. Actuellement, le Conseil constitutionnel n'a pas encore validé les candidatures déposées, dont celle du président Bouteflika.

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